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« L’écriture me brûlait les doigts »

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#Liégeois vous dresse le portrait de Jonathan Laixhay dont le premier roman Noir amer nous emmène dans le Grand Est des années ’80.

Depuis toujours, Jonathan Laixhay est attiré par tout ce qui touche au domaine artistique. Ado, il fit partie d’un groupe de musique, peignait, écrivait chansons et poèmes et remporta un concours d’écriture dont Amélie Nothomb était membre du jury. « Mais c’est réellement écrire qui s’imposa vite comme ma première passion », me confie ce natif du Durbuy résidant désormais à Anthisnes.

Vers l’âge de trente ans, il se lance dans l’écriture d’un roman mais, faute de temps, abandonne en cours de route. L’envie de coucher ses mots sur papier et de raconter des histoires reste là, tapie dans un coin, ne demandant qu’un contexte favorable pour rejaillir. « L’écriture me brûlait les doigts », m’assure-t-il. « Je suis tête en l’air et j’ai beaucoup d’idées qui fusent dans ma tête. Alors, auparavant, j’emmenais un carnet partout avec moi pour conserver ce qui me traversait l’esprit. Depuis, j’ai découvert que j’avais une application pour prendre des notes sur mon téléphone, c’est encore plus pratique (rires). »

L’écriture de Noir amer, son premier roman publié en novembre 2021 par Le Lys Bleu Editions, s’est étalée sur quatre années. « J’ai beaucoup retravaillé mon texte car ma prose a évolué au cours de cette période. J’ai la chance d’avoir reçu le soutien de ma famille et de ma femme qui m’a assuré que nous ferions ce qu’il faut pour qu’il soit édité », sourit Jonathan. « C’est vachement bien d’avoir ensuite son texte sous la main. C’est une forme d’aboutissement et c’est une trace qu’on laisse de notre passage sur terre, un souvenir que pourront conserver mes enfants. »

Le plaisir de l’écriture laisse aussi place à la fierté d’avoir produit quelque chose qui a du sens. « On se rend compte qu’écrire un livre, c’est une forme de partage. On met un peu de soi dans l’histoire ou dans les personnages, on crée une forme de lien avec les lecteurs et ceux-ci peuvent être captivés ou touchés par ce qu’ils ont lu. C’est un sentiment très particulier », observe-t-il. « Une collègue – je suis policier – qui avait arrêté de lire suite au décès de sa maman a retrouvé le goût de la lecture avec mon premier roman. »

« Les personnages doivent avoir de l’épaisseur, sinon un livre devient une coquille vide »

En effet, loin de s’arrêter en si bon chemin, ce papa d’une fille de dix-neuf ans et d’un garçon de seize – « ils ne m’ont pas encore lu mais tirent une certaine fierté que leur papa écrive » – a remis l’ouvrage sur le métier. Attablé à son bureau, bercé de musique et accompagné d’un verre de rhum, Jonathan s’est lancé à l’assaut d’Ecorce pâle, son deuxième ouvrage, écrit en dix mois et qui sera vraisemblablement publié fin 2023. « J’ai trouvé mon style et mon rythme », sourit-il avant de me détailler son processus de création. « Un embryon d’idée germe et se nourrit ensuite tout seul. Lorsque j’ai un début et une fin – car il m’en faut une ! – et que je possède ainsi un tronc, de la racine à la cime, je m’attelle à l’écriture. Les branches de ce tronc – les péripéties en somme – s’ajoutent au fil du temps passé à mettre en forme le récit. »

Si l’histoire est ce qui enjoint ce passionné à aligner les mots, les personnages revêtent une importance capitale. « Je suis très tourné vers la psychologie des personnages. Si ceux-ci n’ont pas la bonne épaisseur, le livre devient une coquille vide. Il faut que les protagonistes du bouquin se construisent solidement autour de la trame narrative », m’explique-t-il. « C’est d’ailleurs pour cela qu’on pourrait qualifier, faute de mieux, Noir amer de thriller psychologique. »

Un genre que Jonathan, amateur notamment des premiers films de Night Shyamalan, affectionne. « L’ambiance de Noir amer est sombre et l’intrigue se déroule dans un décor austère situé dans le Grand Est », ajoute-t-il. « J’ai volontairement créé mon propre univers pour jouir de davantage de libertés dans mon récit, une forme d’enquête menée par… la victime. »

Depuis sa sortie, le premier roman de Jonathan a su trouver son public et les retours sont plutôt positifs, pour le plus grand bonheur de ce grand sensible. « Mon rêve absolu serait de me consacrer exclusivement à l’écriture mais je suis déjà très heureux de pouvoir sortir un livre tous les deux ans », conclut-il d’un large sourire.

Thiebaut Colot

Le résumé de Noir Amer

Au courant des années quatre-vingt, Joszef, un chef d’entreprise respectable, installe son empire au cœur des plaines de Gornek dans l’espoir de laisser derrière lui des souvenirs douloureux et une menace omniprésente. Seulement, un matin, en se réveillant dans son bureau au sommet de la tour qui domine son empire, il fait la rencontre d’un étrange visiteur. C’est l’heure de l’introspection, le moment de faire face au présent, au passé et aux démons qui s’y accrochent. Melvi, quant à lui, à peine entré dans l’âge adulte se laisse conduire par ses rêves au-delà de l’horizon. Il décide d’abandonner sa famille et les terres austères. Trouver un emploi dans la cité neuve de Bushgan ne devait être qu’une escale dans son périple. Les trajectoires de ces deux individus, que tout sépare, vont se croiser de manière brutale. La ligne entre la vie et la mort est plus ténue qu’il n’y paraît.

Noir amer – Le Lys Bleu Éditions (lysbleueditions.com)

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La Maraudière