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« Une démarche artistique résolument exigeante mais toujours inclusive et festive »

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Du vingt-sept janvier au dix-huit février, le Festival de Liège prend ses quartiers au Manège Fonck pour faire vibrer et questionner la Cité ardente.

Créé en 1958 par Robert Maréchal, le Festival du Jeune Théâtre s’appellera ensuite Rencontres Internationales de Théâtre contemporain et de Rencontres d’Octobre et épousera toujours les grands courants et tendances du théâtre contemporain, les nouvelles conceptions scéniques et esthétiques. Durant quarante années, il accueillera notamment Roger Planchon, Patrice Chéreau, le Living Théâtre, Jerzy Grotowsky, Ariane Mnouchkine et le Théâtre du Soleil, Georges Lavaudant, Bob Wilson, Jérôme Deschamps et bien d’autres illustres comédiens, metteurs en scène et productions.

En 1999, Jean-Louis Colinet succède à Robert Maréchal et, en 2001, le festival est rebaptisé Festival de Liège. C’est le début d’une nouvelle odyssée théâtrale. Devenu une biennale organisée chaque année impaire, ce festival international de théâtre, de danse et de musique d’aujourd’hui est singulier et différent des autres manifestations. Pendant trois semaines, des spectacles originaux – sous de multiples formes, ce qui en fait aussi son originalité – interrogent notre présent, questionnent notre époque. Avec ses conflits, ses guerres, ses injustices. Ses beautés aussi. Cette ode aux arts du spectacle et à la vie, la vraie, fait preuve d’une nouvelle philosophie, d’une radicalité certaine et d’une exigence de qualité dont Jean-Louis Colinet en est le concepteur et le maître d’œuvre.

Centrée sur l’humain, la programmation met en avant des créations qui parlent des sujets d’aujourd’hui et qui touchent bon nombre des spectateurs. Le Festival de Liège fait vivre la Cité ardente pendant trois semaines au gré des représentations. Mais pas seulement ! En effet,  grâce aux rencontres avec les artistes, aux « afters » ainsi qu’aux collectifs et groupes issus des milieux associatifs et alternatifs qui se joignent à la fête, c’est une véritable  « vie »  qui s’articule autour des pièces. Un savoureux mélange pour ce festival inclassable qui a fait sien cette maxime de Federico Garcia Loca: « Parce qu’un théâtre qui ne recueille pas la pulsion sociale, la pulsion historique, le drame de son peuple et la douleur authentique de son passage et son esprit n’a pas le droit de s’appeler théâtre. »

Un festival engagé et international

Un festival très actuel et engagé, dont l’édition 2022 avait à nouveau rencontré un franc succès, et où les pièces programmées n’hésitent pas à s’emparer de sujets délicats, complexes mais toujours dans l’air du temps. Sur deux sites d’un même quartier – le Manège Fonck et le Hangar B9 de Saint-Luc –, le Festival de Liège, dont la renommée dépasse très largement nos frontières, propose des créations venues du monde entier. « Fidèle à la ligne que nous avons tracée voici vingt-deux ans, cette douzième édition du Festival de Liège se veut obstinément novatrice et engagée. Avec elle, nous affirmons une fois encore cette ferme volonté de plonger au coeur de notre époque, de porter sur notre temps ce regard critique et aiguisé », affirment les organisateurs. « Pour cette nouvelle édition, le Festival de Liège revendique cette ambition qu’il n’a cessé d’affirmer, celle d’aller à la rencontre de territoires nouveaux, de s’ouvrir à d’autres langages, d’autres sensibilités en compagnie d’artistes singulier-ère-s, qui ont cette volonté farouche d’interroger le présent. »

Tant sur la forme que sur le fond, les spectacles proposés par le Festival de Liège – qui offre un beau coup d’éclairage à la danse – jouent avec les codes et se révèlent profondément novateurs. Les productions choisies viennent de partout sur le globe : Cameroun, Brésil, Espagne, Italie, Chine, France, Grèce, Irlande et, bien entendu Belgique. Certains artistes tels Joël Pommerat, Fabrice Murgia, Zora Snake ou encore l’artiste chinoise Wen Hui acclamée lors de la première édition du Festival en 2001 n’en seront d’ailleurs pas à leur premier passage dans la Cité ardente.

Une programmation de qualité, terriblement dans l’air du temps et engagée qui colle parfaitement à la mission que se sont imposés les organisateurs du Festival de Liège résumée dans cette assertion : « Partager les points de vue aigus que posent les artistes sur notre temps. Voilà l’ambition que se donne, inlassablement, le Festival de Liège au fil de ses éditions. »

Thiebaut Colot

Plus de renseignements sur www.festivaldeliege.be

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