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« Lorsque j’écris, j’ai l’impression de voler du temps à la vie »

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#Liégeois vous emmène à la découverte de Sophie Francis, amoureuse des mots et aussi talentueuse en littérature que dans l’humour.

C’est sur la terrasse ensoleillée de Madame Bovaria, dans le splendide écrin qu’est le parc de la Boverie que je rencontre Sophie Francis. Trentenaire souriante aux traits juvéniles, attablée devant un café fumant, elle dégage immédiatement un curieux mélange de malice et de retenue, d’audace et de pudeur. « J’ai toujours écrit mais je n’avais pas, chevillé au corps, ce rêve de devenir écrivain », me confie-t-elle rapidement.

Contrairement aux Etats-Unis, la Belgique ne propose pas un cursus universitaire pour devenir auteur et c’est ainsi que Sophie se tourne vers des études de communication et d’arts du spectacle. Une formation qui lui sera bien utile, les images se juxtaposant dans son esprit tel un storyboard lorsqu’elle se penche sur son clavier pour y raconter ses jolies histoires. C’est en 2013 que l’envie lui prend de narrer, de façon romancée, une tranche de sa vie. L’épisode d’un garçon « trop beau » rencontré dans le Carré et aimé en secret. Ainsi naquit Il portait un pull rouge, publié en 2016. « Je ne sais pas si le garçon en question a lu ce livre », rougit Sophie.

Trois ans plus tard, celle qui travaille comme professeur à l’ESRA sort Eux, un recueil de nouvelles aussi tendres qu’addictives. Trois ans s’écoulent à nouveau avant que cette passionnée des mots ne publie son deuxième roman L’Histoire de… , une intrigue passionnante et un livre particulièrement agréable à lire, ayant été conçu de A à Z par Sophie. « J’avais une idée précise du personnage principal et de la trame narrative mais les détails sont arrivés naturellement au fur et à mesure de l’écriture », m’explique-t-elle. « L’inspiration me vient du quotidien, de l’observation du monde qui m’entoure. Quand je suis seule, cela s’impose à moi. »

Le plaisir est au centre de la démarche de cette auteure talentueuse. « Lorsque j’écris, je suis dans ma bulle, totalement immergée. J’ai l’impression de voler du temps à la vie… J’aime profondément écrire, cela me fait du bien et c’est un exercice naturel pour moi, peut-être même une forme de thérapie », ose-t-elle avec timidité. « Ce plaisir que j’ai à écrire est encore plus fort lorsqu’il suscite aussi de l’intérêt, de la joie, du bonheur chez les lecteurs. C’est toujours agréable de savoir qu’un texte, une histoire, a été appréciée. L’essentiel demeure de ne pas se brider. »

Un conseil que Sophie applique au pied de la lettre, elle qui, entre deux livres, n’a pas hésité à faire une incursion remarquée sur les planches, brillant notamment au Festival d’humour de Remicourt en 2019 – « Je m’y étais lâchée » – avant de concevoir, en 2020 et juste avant le Covid, son premier one-woman-show. « L’humour et l’écriture sont reliés, cela me permet d’exprimer ce que je désire avec d’autres codes », assure-t-elle. « Par contre, être sur scène demeure particulier. Sur le moment, c’est génial mais cela peut aussi être difficile par rapport à l’image que l’on projette de soi. »

Malgré tout, alors qu’elle est actuellement occupée à écrire son quatrième livre, Sophie retrouvera les joies de la scène le 22 avril prochain au Centre culturel d’Amay où elle fera la première partie d’Arnaud Cosson. En attendant, je ne saurais que trop vous conseiller de vous plonger dans son univers et de dévorer ses deux premiers romans, véritables petits bijoux imaginés par cette jeune femme particulièrement attachante.

Pour découvrir l’univers et le travail de Sophie : https://editionsdutempsdemidi.be

Insta : editions_du_temps_de_midi

Facebook : Les éditions du temps de midi

Pour aller voir Sophie sur scène : Arnaud Cosson (utick.be)

Thiebaut Colot

Crédits photos : Sophie Francis

La Maraudière