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« C’est l’humain qui prime »

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Focus sur Eliott Alderson, jeune arbitre de basket-ball promis à un brillant avenir.

Sans arbitre, pas de match. Cette évidence est parfois trop souvent oubliée alors qu’au même titre que joueurs et entraîneurs, les hommes et femmes en gris sont indispensables au bon déroulement d’une rencontre. Le virus de l’arbitrage, Eliott Alderson l’a attrapé un peu par hasard, vers 14 ans, alors qu’avec un groupe de jeunes talentueux – Tom Ventat, Thomas Goémé, Clément Matisse – à Saint-Louis, un cours d’arbitrage avait été dispensé par Laurent Beck. « Cela m’a bien plu », se rappelle ce dynamique jeune homme de 23 ans. « J’ai alors passé mes tests et suis devenu arbitre de jeunes. Je ne voyais pas où je pouvais arriver mais j’avais de bons retours et la chance d’être bien suivi et de recevoir de bons conseils. »

Très vite, à seulement 16 ans, Eliott se retrouve à arbitrer des matchs seniors, en quatrième provinciale. Le début d’une ascension fulgurante – à peine stoppée par une année universitaire à Orlando, en Floride – pour ce passionné qui a gravi les échelons des divisions provinciales avant de rejoindre la régionale, puis la TDM2 et enfin la TDM1 (la 2 nationale belge). Au point de siffler très récemment une D1 masculine lors du duel de Coupe de Belgique entre le Spirou Charleroi et Belgrade. « C’était génial car lorsque j’étais gamin, j’allais voir des matchs du Spirou. Ce fut un pur plaisir sur le terrain et j’ai eu l’occasion d’échanger agréablement avec d’excellents joueurs comme Quinten Smout », sourit celui qui veut continuer sa progression, confirmer la confiance placée en lui par le board des arbitres et prouver qu’il a bien sa place en TDM1.

Avec sérieux et enthousiasme, Eliott ne compte pas ses heures consacrées à l’arbitrage, devenu sa priorité même s’il continue à pratiquer le basket-ball comme joueur au sein de la jeune P1 d’Alleur. « Être joueur nourrit mon arbitrage, cette double casquette est un avantage », assure-t-il. « Cela impacte ma vision du jeu, ma sensibilité aux coups de sifflet, mon management. Cela me conduit à développer des échanges et discussions, dans le calme et le respect, avec les protagonistes des matchs que j’arbitre. C’est important pour moi de discuter avec des joueurs pour leur expliquer certaines décisions. Et je comprends aussi quand ils sont dans l’émotion. » Et d’ajouter : « Un arbitre est parfois là pour prendre des décisions impopulaires mais surtout pour permettre au jeu de s’exprimer, pour le faciliter. »

Jeune mais déjà doté d’une solide expérience et avec un potentiel dont il effleure à peine les limites, Eliott possède une idée précise des compétences à développer pour être un bon ref’. « Avant tout, c’est l’humain qui prime : nous sommes tous là pour pratiquer notre passion. Il faut faire preuve d’honnêteté – on peut aussi rater des choses – et savoir constamment se remettre en question. Je suis d’ailleurs particulièrement auto-critique ! Enfin, il faut apprendre de chaque situation et de chaque match », détaille Eliott que l’arbitrage a aidé à vaincre sa timidité.

Au sein de la corporation, Eliott peut compter sur des mentors et des modèles. « Laurent Beck a cette rigueur qui a permis cette exigence de la qualité de l’arbitrage. Martin Van Hoye, que j’ai croisé quelques fois, fait un parcours remarquable. Et Renaud Geller, en plus d’être très chouette humainement, est le numéro 1. Ce sont des exemples inspirants sur lesquels j’essaie de me calquer et d’apprendre », développe-t-il avant de souligner à quel point le groupe d’arbitres TDM1/TDM2 est soudé. « Nous sommes vraiment comme une grande famille. »

Le basket, Eliott est tombé dedans quand il était petit avec une maman, Kathy Firquet, qui a joué en D1. « Elle est pour beaucoup dans mon parcours car au début, lorsque j’arbitrais des matchs de jeunes tôt le matin, c’était elle qui me réveillait, me conduisait au match et y restait – entendant au passage parfois les critiques des parents. Idem quand j’ai commencé à arbitrer des matchs seniors en P4 alors que j’étais plus jeune que tous les joueurs », remercie-t-il. « Elle m’a suivi, encouragé, remotivé quand je connaissais des périodes de flottement et poussé à continuer. Et encore aujourd’hui, elle continue de me suivre. »

Après avoir déjà sifflé une finale de Playoffs de R1, une demi-finale de Coupe de Belgique en Dames ainsi que des matchs de Playoffs de TDW1 entre Malines et les Panthers ou encore Namur et Courtrai, la voie d’Eliott semble toute tracée. « Les arbitres nationaux, c’est le top du top. Je veux apprendre, découvrir plus amplement la TDM1 et prendre de la bouteille… Et, si ça se met, peut-être arriver un jour en BNXT League », conclut Eliott d’un large sourire.

Thiebaut Colot

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Crédit photo : DR

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