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« J’ai concrétisé le rêve de ma vie »

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#Liégeois / Liégeois Magazine vous emmène à la rencontre de l’écrivaine liégeoise Charlotte Bourlard dont le premier roman L’Apparence du vivant fut unanimement salué.

L’apparence du vivant est le premier roman de Charlotte Bourlard. Un roman noir qui a rencontré un franc succès auprès des lecteurs et des critiques, remportant notamment le Prix Sade 2022 et le Prix Espiègle de la première œuvre en langue française 2023. « Je pensais que personne ne voudrait lire ce livre bizarre. J’ai été surprise du succès critique rencontré, c’est bien plus que ce que je pouvais imaginer », assure l’écrivaine liégeoise qui a fixé l’action de son livre à Liège. « J’y vis depuis mes dix-huit ans. C’est une ville extrêmement romanesque, peuplée de sacrés personnages. N’importe où je vais, les gens viennent me raconter leur vie avec facilité et familiarité. Liège est un terreau fertile pour la création et même après avoir beaucoup voyagé, je n’ai pas trouvé un autre endroit où je préfère vivre. »

Ce premier roman, c’est l’aboutissement d’un long cheminement pour cette trentenaire. « Depuis aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu écrire. Je ne sais rien faire de mes dix doigts alors qu’il se passe un truc avec l’écriture », sourit-elle. « Je suis bien plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral. Ma maman, grande lectrice, m’a donné le goût de la lecture et du cinéma et m’a beaucoup encouragée dans cette voie. » Et d’ajouter : « En publiant ce livre, j’ai concrétisé le rêve de ma vie. C’était mon unique objectif tant je rêvais depuis l’enfance de publier un bouquin. »

Titulaire d’une licence en romanes et un master en écriture théâtrale à l’Insas, Charlotte rencontre Jean-Marie Piemme. « Une rencontre décisive, il m’a forcé à prendre confiance en moi », confie-t-elle. Pour autant, le chemin est sinueux et semé d’embûches. La Liégeoise galère pendant dix ans et écrit deux romans non publiés dont le second attire l’attention d’Alexandre Civico qui lui demande d’écrire un roman noir. « Je n’aurais pas pensé seule à ce genre-là mais c’était finalement une évidence. J’écrivais des romans noirs sans le savoir », concède Charlotte. « Alexandre a ouvert une porte et m’a accompagnée dans le processus d’écriture. »

L’éditeur donne un an à Charlotte pour écrire son récit, un défi qu’elle releva brillamment pour ce qui devint L’apparence du vivant« J’avais envie de parler de l’euthanasie, de raconter l’histoire d’une vieille dame dans une maison de repos qui empaille son mari », glisse-t-elle. « Pas mal d’éléments de mon enfance me sont revenus en mémoire et j’ai notamment ‘piqué’ une anecdote à un ex. Je n’ai d’ailleurs aucun scrupule à ‘voler’ la vie privée et les anecdotes des gens (rires). »

Pourtant, la Liégeoise ne connaissait rien à la taxidermie. Pour se former, elle rejoint l’atelier de Sébastien Plumer où elle découvre tout un monde et l’art de la patience. Une discipline qu’elle parvient à rendre romanesque dans son livre. « Cela m’a donné envie de continuer à explorer d’autres milieux car ce fut super enrichissant de découvrir l’univers de la taxidermie », reconnait celle qui a déjà terminé un second roman qui se déroule dans le microcosme de la navigation fluviale et pour lequel elle cherche un éditeur. « Grâce à mon premier roman, j’ai eu la chance de faire de nombreuses rencontres intéressantes et la parution de L’apparence du vivant a confirmé mon envie d’écrire », promet Charlotte. Nul doute que cette écrivaine passionnée et talentueuse peuplera les rayons des librairies et bibliothèques pendant de longues années.

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Thiebaut Colot

Crédits photos : DR

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