Avec Tempête, l’autrice liégeoise Élodie Christophe explore les zones d’ombre de la maternité.
Le 20 mars 2026 marquait la sortie de Tempête, le nouveau roman d’Élodie Christophe. Originaire de la région liégeoise, l’autrice propose ici un travail d’écriture ancré dans l’intime, en abordant un sujet encore largement tabou : les réalités contrastées de la maternité.
Diplômée en information et communication à l’ULiège, Élodie Christophe a d’abord évolué dans le journalisme et la communication avant de se consacrer pleinement à l’écriture. Après plusieurs publications depuis 2022, elle signe avec Tempête un récit autofictionnel qui veut donner une voix à des expériences souvent tues.
« Lorsqu’un bébé vient au monde, il se peut qu’il soit une tempête pour la nouvelle mère. Tempête physique, émotionnelle, identitaire, sociale, humaine. Les premiers mois de maternité sont souvent bien loin de ceux vécus dans les contes de fée. Pourtant, jusqu’à récemment, on ne laissait pas s’exprimer la voix des mères. Leurs propos n’avaient pas de valeur. Tout ce qui était important, c’était que le bébé se porte bien », explique Élodie. « Aujourd’hui, les paroles des mères se libèrent, enfin. Il suffit de consulter les podcasts à succès comme Bliss Stories en France ou Planètes Darons en Belgique pour le constater. En témoignent également ces récits sur la maternité qui s’imposent progressivement dans les rayons des librairies, portés par des autrices comme Julia Kerninon ou Sophie Adriansen. En Belgique, on relève, plus récemment, le succès incroyable du recueil du collectif Feux de forêts, paru aux éditions Academia en octobre 2025 et vendu à plus d’un millier d’exemplaires deux mois à peine après sa sortie. Un collectif au sein duquel j’ai eu l’opportunité d’écrire un texte, (Dés)illusion. »

Au cœur du roman, le personnage d’Emma. Loin des représentations idéalisées, son accouchement ne correspond pas au récit attendu du « plus beau jour de sa vie ». Il devient au contraire le point de départ d’un parcours maternel complexe, marqué par le doute, la solitude et une difficulté à construire le lien avec son enfant.
À travers ce récit, l’autrice met en lumière une réalité plurielle de la maternité, faite de contradictions et d’émotions parfois ambivalentes. Jour après jour, son héroïne tente de trouver sa place dans ce nouveau rôle, entre épuisement, culpabilité et quête d’un attachement sincère.
« Tempête n’est pas « un récit de plus sur ». C’est une mise à nu. C’est une histoire qui brise les tabous, qui lève le voile sur ce qu’il se passe dans le corps, la tête et le foyer d’une nouvelle mère. Pour que celles qui traversent les mêmes émotions se sentent moins seules, mieux comprises, enfin écoutées », continue Élodie.
Avec Tempête, Élodie Christophe poursuit un triple objectif : explorer l’intime, libérer la parole et redonner de la visibilité aux femmes dans leur vécu. Le roman s’inscrit ainsi dans une volonté assumée de normaliser des ressentis encore peu exprimés, en proposant un espace de reconnaissance pour celles et ceux qui traversent des expériences similaires.
L’autrice a fait le choix de l’autoédition, tout en s’entourant de professionnels afin de proposer un ouvrage abouti, tant sur le fond que sur la forme. Un positionnement qui témoigne d’une volonté d’indépendance, tout en garantissant une qualité éditoriale. « Au-delà de porter une voix, Tempête est un livre qui ouvre la voie sur une autre réalité éditoriale : celle de l’édition indépendante comme choix assumé », confirme Élodie. « L’autoédition, c’est une volonté de conserver sa liberté, un désir de s’entourer de partenaires pros sélectionnés avec soin pour donner vie à un manuscrit, mais aussi une décision évidente face à un monde littéraire belge souvent conservateur. »
Ce nouveau livre marque un tournant dans la production d’Élodie Christophe qui y développe une écriture sensible et engagée, en prise directe avec les réalités contemporaines.
Plus d’informations : Accueil – Elodie Christophe
Le portrait d’Élodie Christophe : « J’ai été bercée par la littérature » — #Liégeois
T. C.
Crédit photo : Clémence Van Lancker