De plus en plus de Belges cumulent plusieurs emplois. Dans ce contexte, les flexijobs prennent une place croissante dans le paysage du travail. L’entrepreneur Pierre Collin a décidé d’accompagner cette évolution en lançant Flexijo, une plateforme destinée à faciliter la rencontre entre employeurs et travailleurs flexibles.
Selon une étude de Statbel, 315 000 personnes – soit 6,1 % de la population occupée – ont cumulé deux emplois en Belgique en 2025, un record qui en dit peut-être long sur l’évolution de notre société. Parmi elles, beaucoup de flexijobeurs.
Au 1er juillet, les flexijobs devraient s’ouvrir à tous les secteurs, augmentant encore davantage les possibilités tant pour les entreprises que pour celles et ceux qui cherchent un complément de revenus. Si cette flexibilité accrue du travail peut être envisagée de différentes manières – positives sur certains points, négatives sur d’autres –, elle constitue désormais une réalité avec laquelle il faut composer.
C’est ce qu’a parfaitement compris Pierre Collin. Pleinement investi dans le milieu du droit du travail, ce grand gaillard éminemment sympathique a passé huit années chez Securex et a fait un détour comme DRH pour un groupe de maisons de repos avant de lancer, il y a quatre ans, GOUPSS, un secrétariat social implanté à Visé et employant cinq personnes. Avec un ami, il a récemment eu l’idée de développer une plateforme dédiée aux flexijobs. « On entend actuellement beaucoup parler des flexijobs sans savoir précisément tout ce que cela recoupe et nous avions pas mal de clients qui nous confiaient avoir parfois difficile de trouver les candidats qu’ils recherchaient », explique-t-il.
C’est ainsi qu’est née Flexijo, « la première plateforme belge qui réalise un matching pertinent entre les flexijobeurs et les offres d’emploi ». « Nous mettons en relation des profils, c’est-à-dire des employeurs et des flexijobeurs », détaille Pierre. « Les employeurs peuvent poster une annonce ou faire des recherches libres en fonction de leurs critères et la plateforme leur soumet des profils correspondant à leurs souhaits et dont l’éligibilité a été vérifiée. Nous n’avons ensuite pas de prise sur la suite de la relation. » Et de résumer : « Nous facilitons et sécurisons l’engagement de flexijobeurs grâce à un algorithme intelligent. C’est facile, rapide et économique. »
Un concept qui semble déjà convaincre. En trois semaines de croissance continue, Flexijo a enregistré l’inscription de 1 314 travailleurs et de 96 employeurs. « Les premiers retours sont très positifs : les utilisateurs sont satisfaits d’avoir rapidement trouvé une réponse à leurs besoins », sourit Pierre. « Nous sommes convaincus d’avoir un outil abouti et fonctionnel, mais nous restons aussi très réactifs afin d’en assurer une évolution constante. »
Actuellement, la plateforme est gratuite pour toutes et tous. À terme, une formule freemium sera proposée aux employeurs. « Pour l’instant, nous sommes principalement actifs en province de Liège et dans le Hainaut, mais nous venons d’assurer les traductions en néerlandais et l’objectif est de rayonner sur toute la Belgique », assure celui qui ne manque pas d’idées. Parmi les pistes envisagées figure notamment une liaison automatique avec Shyfter – un outil de gestion de plannings et de contrats – afin de simplifier davantage les démarches administratives. « Je suis convaincu que le recours aux flexijobs va rebattre les cartes du marché du travail. »
À l’heure où le cumul d’activités devient plus fréquent et où la flexibilité s’impose progressivement comme une composante du marché de l’emploi, des initiatives comme Flexijo entendent apporter des solutions concrètes aux besoins des entreprises comme des travailleurs. Reste à voir si cette nouvelle manière d’organiser le travail s’inscrira durablement dans les habitudes du monde professionnel belge et si, surtout, les répercussions seront davantage bénéfiques que nuisibles à l’ensemble de la société.
Plus d’informations : flexijo.be — Le matching intelligent du flexijob
Thiebaut Colot
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