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« Je reste persuadée que la performance se construit sur le long terme »

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Habituée des défis hors normes, la duathlète liégeoise Delphine Thirifays entame la saison 2026 sur un rythme impressionnant. Malgré une opération durant l’hiver et une préparation chamboulée, l’athlète multiplie les victoires aussi bien en course à pied qu’en cyclisme. Rencontre avec une sportive pour qui la performance se construit dans la durée, entre engagement, travail et passion.

Figure bien connue de l’endurance et des défis atypiques, Delphine Thirifays s’est imposée au fil des années comme une athlète incontournable dans l’univers du duathlon et de l’ultra distance. Après une saison 2025 particulièrement dense, marquée notamment par une victoire sur le Tour des Géants en France, la Liégeoise a dû composer avec une opération durant l’hiver et une préparation différente de ses habitudes. Malgré ces incertitudes, le début de saison 2026 s’est révélé particulièrement prometteur.

Depuis janvier, elle a enchaîné plusieurs succès : victoire sur le North C Trail (33 km), sur le semi-marathon de Francorchamps, sur le 45 km du Trail de Liège en course à pied, mais aussi sur la Race Across Paris, une épreuve cycliste de 322 kilomètres. Des performances qui confirment sa capacité à briller dans deux disciplines exigeantes.

Comment abordais-tu cette nouvelle saison et avec quels objectifs ?

Je reste persuadée que la performance se construit sur le long terme et en partant du principe que rien n’est jamais acquis d’avance. La saison 2025 avait été dense et éprouvante. C’était ma saison de référence en termes de progression mais aussi de résultats. Je me suis posé beaucoup de questions à l’approche de 2026, mais avec énormément d’envie. Je me réjouissais de retrouver cette atmosphère intense que l’on vit en compétition. Mon objectif était de m’orienter encore davantage vers l’ultra distance, tant en course qu’en vélo, et de poursuivre mon apprentissage dans cette voie.

Comment juges-tu ton début de saison et quelle est ta plus grande satisfaction ?

Honnêtement, je ne m’attendais pas à réaliser un début de saison comme celui-ci. Contrairement aux années précédentes, je ne suis pas partie en stage durant l’hiver. J’avais peur de manquer de base d’endurance, que je travaille habituellement fin janvier. Cela m’a donné un manque de repères, mais j’ai essayé de me rassurer en me disant que la saison 2025 m’avait apporté un énorme bagage d’expérience. Ma plus grande satisfaction est d’avoir pu jouer les premiers rôles dans les deux disciplines, en course à pied et en cyclisme. Il y a trois semaines, nous avons aussi apporté un gros changement dans mon plan d’entraînement avec mon entraîneur afin de trouver les meilleurs ajustements possibles, et cela a été déterminant pour cette première partie de saison.

Qu’est-ce qui a été déterminant pour performer à ce niveau ?

Je dirais l’engagement, la régularité et l’investissement que l’on consacre à son sport. Après ma victoire sur le Tour des Géants en 2025, je me suis dit que j’avais peut-être atteint le maximum de mon potentiel. Remporter la Race Across Paris m’a redonné confiance en me montrant que je pouvais encore progresser. J’ai aussi la chance d’être entourée d’un staff compétent. Quand on s’entraîne 15 à 20 heures par semaine, il faut accepter de consacrer du temps aux soins. En saison, je me fais masser chaque semaine et je consulte ma médecin du sport au moins deux fois par mois. À ce niveau, tout peut se jouer sur un détail. J’ai également commencé à travailler avec un préparateur mental, ce qui m’a beaucoup aidée à lever certaines barrières et à mieux gérer la pression.

Tu as entamé une collaboration avec une kiné périnéale. Ce choix s’est-il révélé bénéfique ?

Je pense qu’il était important de ne pas bâcler cette partie de la rééducation. Lors du championnat du monde d’Everesting fin septembre, j’ai ressenti des douleurs dès le début de la course. J’ai voulu aller jusqu’au bout car c’était la dernière épreuve de la saison et je savais que j’aurais ensuite le temps de récupérer. Finalement, j’ai eu des complications durant l’hiver. J’ai donc voulu mettre la priorité sur cette rééducation afin de revenir à mon meilleur niveau à vélo. L’idéal serait de pouvoir travailler avec les deux types de kinés, mais c’est compliqué de trouver davantage de temps, donc le choix s’est fait assez naturellement.

Quelles sont tes prochaines échéances ?

Je vais tenter pour la première fois de ma carrière un trail d’ultra distance de 80 kilomètres à la fin du mois de mai. Je serai également au duathlon du Maquisard à la mi-juin. Ensuite, à partir du 24 juin, je tenterai de grimper quinze fois le Mont Ventoux en cinq jours pour la fondation Léon Fredericq et la recherche contre le cancer. Enfin, je serai au départ de l’Ardennes Monster à la mi-juillet, une course de cyclisme d’ultra distance à travers les Ardennes.

Après un début de saison déjà marqué par plusieurs victoires, Delphine Thirifays confirme sa capacité à repousser ses limites dans l’univers exigeant de l’endurance. Entre nouveaux défis sportifs et projets solidaires, la duathlète liégeoise semble plus déterminée que jamais à poursuivre sa progression et à explorer toujours plus loin les territoires de l’ultra distance.

Thiebaut Colot

Crédit photo : DR

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