Nouvel exploit pour Delphine Thirifays ! Au Championnat du Monde d’Everesting, la Calidifontaine a décroché une superbe quatrième place au classement général, raflant au passage le titre de championne du monde dans la catégorie des 18-34 ans. Une nouvelle consécration qui vient clôturer une saison particulièrement réussie. Entretien.
Delphine, comment t’es-tu préparée pour ce Championnat du Monde d’Everesting ?
J’ai mis un peu de côté la course à pied pour vraiment me focaliser davantage sur le cyclisme. Je pense également que le défi des 15 ascensions du mont Ventoux en cinq jours, en juin, a contribué à me préparer pour l’Everesting. J’ai réalisé un bloc de sept semaines de préparation spécifique pour cet objectif, durant lequel j’ai vraiment essayé de m’investir au maximum. J’ai ajouté à mes entraînements habituels deux séances par semaine de Heat Training et d’hyperoxygénation au centre Boost by Borlée.
Comment as-tu vécu cette compétition qui consiste à gravir et descendre la même montée à répétition, en une seule activité continue, jusqu’à accumuler 8 848 mètres de dénivelé positif ?
C’est toujours très puissant et violent, ce genre de course. Tout est intensifié, les moments de down comme les moments de flow. Vous perdez toute notion du temps. Le seul temps qui compte dans ce cas-ci, c’est votre chrono, ainsi que le fait qu’il fasse nuit ou jour, car l’obscurité amplifie la difficulté. C’était une expérience incroyable où les apprentissages se font en accéléré. C’était ma deuxième participation à un Everesting et j’ai pu sentir que j’avais évolué par rapport à l’an dernier. Le fait de terminer quatrième à un tel niveau m’encourage et m’a donné l’impression de terminer à la place à laquelle je devais me trouver en tant qu’outsider. C’est plutôt une fierté de terminer derrière deux athlètes qui ont participé aux Jeux Olympiques.

Qu’est-ce qui t’a le plus marquée dans ta performance ?
Je dirais ma constance et ma régularité sur un effort aussi long. J’ai été hyper régulière au niveau du chrono sur toutes les ascensions. L’an dernier, j’avais un peu subi ma fin de course. Ici, j’arrive à réaliser ma meilleure ascension à la septième ou à la huitième. C’était le scénario de course rêvé : stabiliser, puis finir en force. Je me suis plutôt étonnée d’être capable d’aller encore un peu plus loin dans l’intensité de l’effort alors que j’avais déjà plus de 200 kilomètres et 7 000 mètres de dénivelé dans les jambes.
Qu’est-ce que t’apporte la présence sur place de ta médecin du sport ?
Je dirais davantage de sérénité avant et pendant l’effort. Cela permet vraiment d’économiser un peu de focus et de lucidité pour l’effort, donc c’est évidemment précieux. Dans ce cas-ci, à la mi-course, j’ai commencé à ressentir une grosse gêne. Au ravitaillement, elle m’a rapidement refait un soin pour que je puisse repartir dans des conditions optimales. Cela permet d’enlever directement de sa tête quelque chose qui pourrait devenir un facteur de doute au fur et à mesure de la course.
Tu viens de décrocher un titre de championne du monde dans ta catégorie, comme tu l’avais déjà fait en duathlon. T’attendais-tu à connaître une telle réussite dans une deuxième discipline ?
Ça m’a percutée dans le sens où je me suis dit qu’auparavant, je n’avais pas ma place dans le cyclisme. Je me suis orientée vers l’ultra-distance et c’était fait pour moi. Je pense que lorsque vous avez des rêves, il faut absolument les poursuivre, mais que, parfois, le plan pour les atteindre peut changer. Aujourd’hui, je me dis que j’ai réalisé ce que très peu d’athlètes ont pu accomplir au cours de leur carrière en allant décrocher un titre dans une deuxième discipline sportive.
Quel bilan tires-tu de cette saison ?
J’en tire un bilan plutôt positif. Pour moi, c’est sans doute la saison où j’ai dû donner le plus d’énergie et m’investir le plus pour atteindre mes objectifs, qui ont finalement été remplis. J’ai travaillé dur à l’entraînement et j’ai entamé de nouvelles collaborations pour continuer à apprendre et tenter de m’améliorer. Je me suis également mis beaucoup de pression, car lorsqu’on mène une démarche de performance, cela demande d’essayer de délivrer le meilleur de soi-même à chaque compétition et c’est également énergivore. En juillet, après ma chute sur le Monster Ardennes, j’ai eu du mal à retrouver mes sensations à l’entraînement et j’ai eu peur de ne jamais revenir à mon pic de forme pour la fin de saison. J’ai travaillé sur des ancrages en me persuadant que, parfois, il faut sortir tout son courage et que le courage, c’est de composer avec la peur. Avec le recul, je suis fière d’avoir pu mettre les bonnes stratégies en place pour y parvenir.
Quelles seront tes ambitions pour la saison prochaine ?
Cette saison a été rude et éprouvante. Je n’ai encore rien planifié pour 2027, mais je pense poursuivre dans l’ultra-distance, car c’est vraiment une discipline qui m’anime.
Thiebaut Colot
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