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« Sa performance force le respect »

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Quentin Debois vient d’écrire une nouvelle page de la voile belge. Le skipper de Marchin, en province de Liège, a bouclé en solitaire les 5 300 kilomètres séparant New York de l’Angleterre à bord d’un Mini 6.50, le plus petit bateau de course au large. S’il n’a pas réussi à battre le record du monde qu’il convoitait, il devient seulement le troisième navigateur à accomplir cette traversée de l’Atlantique Nord d’ouest en est sur ce type d’embarcation. Un authentique exploit qui renforce encore son expérience à un peu plus de deux ans de son grand objectif : le Vendée Globe 2028.

Il aura fallu 20 jours, 3 heures, 18 minutes et 40 secondes à Quentin Debois pour rallier le Cap Lizard, en Angleterre, où il a franchi la ligne d’arrivée ce 30 septembre à 5h11, heure belge. Au terme de trois semaines particulièrement exigeantes, le Marchinois devient seulement le troisième marin au monde à réussir pareille traversée en Mini 6.50, après le Français David Allamelou en 2018 et l’Américain Jay Thompson en 2023.

C’est justement le temps de référence établi par ce dernier – 17 jours, 9 heures et 57 minutes – que le Belge avait dans le viseur. Un objectif particulièrement ambitieux que des conditions météorologiques extrêmement changeantes ont finalement rendu inaccessible. Trois vastes zones de vents faibles puis deux violentes dépressions ont contraint le skipper à s’écarter de la trajectoire la plus directe et à considérablement allonger sa route.

« Je savais que ce record serait très difficile à décrocher. Jay Thompson avait placé la barre très haut. L’Atlantique Nord est un terrain de jeu complexe, dominé par des dépressions et des conditions météo qui peuvent être dures. Pendant toute la Transatlantique, je suis resté dans la course, concentré et déterminé, afin de réaliser le meilleur temps possible. Il n’était pas question de relâcher la pression avant d’avoir passé la ligne d’arrivée ! », raconte Quentin Debois.

Le record n’est pas tombé, mais la performance réalisée n’en demeure pas moins remarquable. Durant cette traversée, Quentin Debois a battu son propre record de vitesse et régulièrement devancé le routage. Surtout, il estime avoir réalisé sa meilleure course en cinq années de course au large.…« Bien sûr, c’est une déception de ne pas avoir battu ce record. Après des mois de préparation, d’attente et d’efforts sur cette transatlantique, je rêvais d’une victoire. Mais je savais que s’attaquer à ce record comportait une part importante d’incertitudes et de facteurs non maîtrisables », nuance le skipper liégeois. « Le bateau a fonctionné à la perfection et j’ai tout donné, mais la météo n’a pas été de la partie. Je ne garde que le positif de cette aventure : cette Transatlantique a été ma meilleure course en termes de vitesses moyennes et de performance, en 5 années de course au large. Le fait de traverser l’Atlantique nord en Mini 6.50 est un accomplissement en soi, et je suis très fier du travail qu’on a réalisé avec l’équipe. »

Les chiffres donnent une idée de la difficulté du défi. Basile Rochut, son routeur, explique que certaines zones de vents faibles lui ont fait perdre une vingtaine d’heures. La suite n’allait guère offrir davantage de répit : face à des dépressions plus violentes et plus méridionales qu’annoncé, le skipper a dû mettre le cap au sud-est afin d’éviter des vagues dépassant cinq mètres. Dans les derniers jours, des creux de plus de sept mètres étaient même prévus sur la route directe vers l’arrivée.

« Quentin vient d’aller dans des conditions où très peu de Mini 6.50 sont allés. Même dans des vagues de 4,5 mètres, Quentin me disait : “ça passe, on continue”. Il s’est vraiment battu jusqu’au bout pour faire le temps minimal », souligne Basile Rochut, particulièrement impressionné par la détermination du navigateur belge.

Une détermination qui ne s’est jamais démentie malgré les difficultés. « Quentin a le profil parfait pour battre des records, il ne lâche jamais ! Mentalement il est solide comme un roc, persévérant et patient. Il exploite chaque petite opportunité d’aller plus vite, de gagner sur le routage et d’aller vers le record », poursuit Basile Rochut. « Il n’a jamais laissé transparaître de perte de motivation, même dans les conditions les plus dures. Il n’a jamais baissé les bras, son esprit de compétition a toujours eu le dessus. »

Aux éléments se sont ajoutées plusieurs avaries. Dès la première nuit, un choc avec un objet flottant a endommagé le safran bâbord, que Quentin Debois a pu remplacer. Quelques jours avant l’arrivée, cinq des six vis fixant la barre du gouvernail à son axe se sont également brisées, contraignant le skipper à immobiliser son bateau le temps d’effectuer lui-même la réparation. Des incidents qui ont, eux aussi, pesé sur le chronomètre.

Premier Belge à avoir terminé le Vendée Globe et désormais team manager de Quentin Debois dans son projet pour 2028, Denis Van Weynbergh mesure pleinement la portée de la performance. « Ce que Quentin vient de réaliser est un exploit. Il y a peu de marins, même des grands noms, qui seraient capables de faire relever ce type de défi, c’est vraiment impressionnant ! Il faut beaucoup d’audace, de courage et d’abnégation pour s’attaquer à ce genre de record. » Et d’ajouter : « Même s’il n’a pas le record, ce n’est pas grave. On savait que la fenêtre de tir était très étroite. On ne sait jamais au départ, si tout va s’aligner sur plus de deux semaines. En tout cas, sa performance force le respect. »

Cette traversée constitue une nouvelle étape importante dans le parcours de Quentin Debois. Cette année, le Marchinois avait déjà décroché pour la Belgique le record du monde de la traversée de l’Atlantique d’est en ouest. Désormais, le regard est tourné vers un challenge d’une tout autre dimension : prendre le départ du Vendée Globe en novembre 2028. Pour y parvenir, le skipper et son équipe vont notamment devoir rassembler les partenaires nécessaires autour du projet. « Ce n’est que le début et d’autres défis nous attendent mon équipe et moi. On met désormais tous nos efforts dans la recherche de partenaires pour être au départ du prochain Vendée Globe en novembre 2028 », conclut l’audacieux marin liégeois.

Plus d’infos : Belgian Ocean Sailing | Quentin Debois Sailing

T. C.

Crédit photo : DR

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