La rentrée culturelle liégeoise continue de dévoiler une programmation particulièrement riche. Expositions, spectacles, concerts et nouvelles créations se succèdent dans une Cité ardente qui confirme une nouvelle fois son remarquable dynamisme culturel. Du 17 octobre au 12 décembre, Les Drapiers participeront à cette effervescence avec Au-dessus du sans fond, une exposition de Pierre Liebaert faisant dialoguer ses photographies avec des objets issus des collections du Musée de la Vie wallonne.
À Liège, l’automne s’annonce résolument culturel. Parmi les nombreux rendez-vous qui rythmeront les prochaines semaines, Les Drapiers accueilleront dès le 17 octobre une proposition singulière du photographe belge Pierre Liebaert. Avec Au-dessus du sans fond, l’artiste confrontera son travail photographique à des objets populaires provenant des collections du Musée de la Vie wallonne, sous le commissariat de Denise Biernaux.
Au cœur de l’exposition se trouve une interrogation universelle : comment conserver une trace de ce qui, inexorablement, disparaît ou se transforme ? Depuis toujours, les êtres humains ont imaginé des objets, des images et des rites pour retenir quelque chose de ce qui leur échappe. Effigies, empreintes, amulettes ou ex-voto deviennent ainsi autant de témoins d’une présence, d’une croyance, d’un souvenir ou d’une époque.
Les photographies de Pierre Liebaert s’inscrivent dans cette même réflexion. Elles saisissent moins un état figé qu’un processus de transformation, tandis que les objets qui les accompagnent témoignent de cette volonté humaine de donner une forme à ce qui passe. Au fil du parcours, corps, matières, ombres et traces se répondent et les frontières séparant l’humain de son environnement deviennent progressivement plus poreuses.
« Les rites auxquels renvoient ces œuvres n’ont peut-être jamais eu d’autre fonction. Ils ne promettent ni salut ni permanence. Ils apprennent à accompagner ce qui change », explique Pierre Liebaert. « Ils offrent des formes à ce qui passe afin que la perte ne soit pas seulement une disparition, mais aussi une transmission. »
Une approche qui s’inscrit dans le travail au long cours développé par le photographe né à Mons en 1990 et aujourd’hui installé à Bruxelles. Diplômé de l’École Supérieure des Arts de l’Image « Le 75 », Pierre Liebaert privilégie l’immersion dans les territoires et les univers qu’il explore. Sa pratique, essentiellement photographique, s’est également ouverte à d’autres formes artistiques. Son projet Libre Maintenant mêlait ainsi film, photographie, musique, enregistrements sonores et textes.
Avec son nouveau projet Je crois aux Nuits, le photographe poursuit son exploration de traditions devenues fragiles en s’intéressant notamment au cycle carnavalesque. Une recherche qui fait naturellement écho à Au-dessus du sans fond et à ce dialogue avec les collections du Musée de la Vie wallonne.
« Demeurer Au-dessus du sans fond, ce serait alors cela : reconnaître qu’aucune chose ne nous appartient durablement et découvrir, dans cette précarité même, la possibilité d’une continuité », résume Pierre Liebaert.
Visible du 17 octobre au 12 décembre, Au-dessus du sans fond ajoutera ainsi une nouvelle proposition originale à une rentrée particulièrement dense. En réunissant création contemporaine et patrimoine populaire, Les Drapiers et le Musée de la Vie wallonne contribuent à cette diversité qui fait la richesse de la vie culturelle liégeoise et permet à la ville de continuer à surprendre, questionner et susciter la curiosité de ses publics.
Plus d’infos : Les Drapiers – Galerie d’art contemporain à Liège
LM
Crédit photo : © Pierre Liebaert, courtesy Archiraar Gallery