Du 1er au 30 novembre, le Mois du Doc célèbre pour la neuvième fois la richesse et la diversité du cinéma documentaire belge francophone. Plus de 160 séances sont programmées en Wallonie et à Bruxelles, dont 16 à Liège, avec des projections, des rencontres et des débats autour de films qui interrogent notre société et notre rapport au monde. Une édition 2026 placée sous le parrainage de la réalisatrice Sarah Moon Howe.
Le cinéma documentaire belge francophone sera à l’honneur durant tout le mois de novembre à l’occasion de la neuvième édition du Mois du Doc. Organisé à l’initiative du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel et de la ministre de la Culture Élisabeth Degryse, cet événement entend favoriser la découverte du cinéma du réel et encourager les échanges autour des grandes questions contemporaines.
Avec plus de 160 séances organisées dans 107 lieux de diffusion, dont 71 en Wallonie et 36 à Bruxelles, le Mois du Doc poursuit son ambition de rendre le documentaire accessible au plus grand nombre. Cinémas, centres culturels, bibliothèques, associations, musées, écoles et autres espaces de rencontre accueilleront les projections de 121 films aux formats et aux thématiques variés. Environnement, conflits internationaux, santé mentale, relations humaines, héritage familial ou encore vivre-ensemble : autant de sujets abordés à travers des histoires individuelles et collectives qui invitent à porter un autre regard sur le monde.
« Le documentaire a cette force de nous faire entrer dans la réalité de l’autre, il nourrit le dialogue autour de ce qui nous rassemble, mais aussi de ce qui nous interpelle et nous questionne. Avec plus de 160 séances partout en Wallonie et à Bruxelles, le Mois du Doc fait vivre cette rencontre au plus près des publics. C’est toute la force de cette initiative : faire circuler les œuvres, les regards et les idées, et permettre au plus grand nombre de découvrir celles et ceux qui font vivre notre création documentaire », souligne Élisabeth Degryse, ministre-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles et ministre de la Culture.
À Liège, 16 séances sont proposées, principalement dans les cinémas et les centres culturels, avec une programmation particulièrement attentive aux enjeux environnementaux et aux conflits qui traversent notre époque. Le Centre culturel arabe en Pays de Liège participe notamment à cette édition avec L’autre côté du soleil de Tawfik Sabouni, un documentaire qui donne la parole à des survivants de la prison syrienne de Saidnaya. Autre proposition marquante, Disunited Nations de Christophe Cotteret plonge les spectateurs au cœur des Nations unies en suivant Francesca Albanese, rapporteuse spéciale pour les Territoires palestiniens.
Fidèle au rendez-vous, l’asbl liégeoise Les Grignoux propose également une programmation variée. Parmi les films à découvrir figure Les recommencements d’Isabelle Ingold et Vivianne Perelmuter, également choisi pour la soirée d’ouverture du festival, organisée le 28 octobre à BOZAR. Les spectateurs pourront aussi découvrir Grandir de Géraldine Doignon, tandis qu’une séance scolaire sera consacrée à Élever au grain d’Alice Godart. Des propositions qui témoignent de la volonté du Mois du Doc de toucher différents publics et de faire du cinéma un espace de découverte, de réflexion et de dialogue.
Cette neuvième édition bénéficie du regard de Sarah Moon Howe, réalisatrice belge choisie comme marraine. Diplômée en psychologie, elle a travaillé pendant près de dix ans auprès d’adultes présentant des troubles et des retards mentaux, parallèlement à son activité de cinéaste. Depuis son premier court métrage, Ne dites pas à ma mère, réalisé en 2003, elle développe une œuvre profondément humaine, attentive aux réalités du quotidien, aux fragilités et aux relations qui nous unissent.
Son dernier film, L’extraordinaire voyage de Mister Jack, coréalisé avec son fils Jack, prend la forme d’un road-movie aussi drôle qu’émouvant et figure parmi les documentaires les plus programmés de cette édition. Pour Sarah Moon Howe, le cinéma documentaire constitue un formidable outil de compréhension et de transformation du monde, capable de rendre visibles des existences parfois méconnues et de rapprocher des réalités différentes.
« On parle souvent de fracture sociale, de polarisation, de peur de l’autre, de repli sur soi. Les séances du Mois du Doc prouvent qu’il peut en être autrement. Le public est au rendez-vous, heureux de pouvoir avoir accès à des films et à leurs auteurs. Heureux aussi des moments d’échanges informels, parfois plus personnels, à l’issue des projections », observe la réalisatrice.
Cette dimension humaine occupe une place centrale dans la philosophie de l’événement. La plupart des projections seront ainsi suivies de rencontres avec les cinéastes ou d’intervenants invités à prolonger les réflexions suscitées par les films. Une attention particulière est également portée à la diffusion des documentaires auprès de publics qui ont moins facilement accès aux salles de cinéma, notamment dans les centres d’accueil, les résidences pour seniors ou encore les prisons.
« Tant que nous accepterons d’entrer dans la vie des autres, le monde restera plus grand que nos certitudes », rappelle Sarah Moon Howe, convaincue que le documentaire peut contribuer à faire évoluer les regards et les mentalités. « Dans un monde tenté par le repli, pratiquer l’altérité, c’est déjà résister. »
Avec cette neuvième édition, le Mois du Doc confirme ainsi sa volonté de faire circuler les œuvres et les idées, tout en favorisant des rencontres qui prolongent l’expérience cinématographique. À Liège comme ailleurs en Fédération Wallonie-Bruxelles, le public est invité à découvrir des récits singuliers, à confronter les points de vue et à prendre le temps de mieux comprendre les réalités qui façonnent notre monde.
Toutes les infos : www.moisdudoc.be
T. C.
Crédit visuel : DR