Dans le cadre de la campagne Lisez-vous le belge ?, #Liégeois Magazine vous emmène à la rencontre de Bernard Wilkin. Historien liégeois passionné par les guerres mondiales et l’époque napoléonienne, il s’essaie pour la première fois à la fiction avec Le lâche de Trafalgar, un roman historique publié aux éditions Academia dans lequel il donne libre cours à son imagination.
Bernard Wilkin possède un solide bagage académique. Après des études d’histoire à l’Université de Liège, ce « bon Liégeois », comme il se définit lui-même, franchit la Manche pour poursuivre un doctorat à Sheffield avant d’enseigner, notamment à l’Université d’Exeter. Revenu en Belgique après le Brexit, il travaille aux Archives de l’État, à Bruxelles d’abord, puis à Liège. « Cette ville est particulièrement importante pour moi de par ma généalogie, bien sûr, mais aussi par son dynamisme et son positionnement géographique, à la lisière d’autres frontières », confie celui qui aime particulièrement aller chiner des livres et des bandes dessinées au Cultivarium. « Et puis, Liège est une principauté avec une riche histoire, ce qui est forcément attrayant pour un historien. »
Cet historien voue une passion particulière aux deux guerres mondiales, auxquelles il a consacré plusieurs ouvrages historiques, ainsi qu’à la période napoléonienne. « Une période marquée par de grands changements sociétaux et humains », précise-t-il avant d’évoquer le rôle de l’historien, qui peut « apporter un éclairage », mais doit conserver une certaine modestie, ne possédant pas de boule de cristal. « Cela peut toutefois apporter un certain réconfort, car si l’histoire n’est faite que de larmes et de sang, des cycles positifs succèdent toujours aux périodes plus sombres. »
C’est donc assez naturellement qu’il a choisi l’Empire de Napoléon comme toile de fond pour sa première incursion dans le roman. « Dans le roman historique, il faut une bonne compréhension du contexte, il faut avoir fait ses devoirs, sinon les lecteurs relèvent rapidement les erreurs », assure Bernard, qui aime avant tout raconter des histoires, fictives ou non. « J’aime aussi parler au grand public, montrer que l’histoire peut être passionnante quand on trouve le mot juste. »
Après de nombreux livres historiques, ce dynamique quadragénaire s’aventure pour la première fois dans la fiction avec Le lâche de Trafalgar. « J’avais envie de m’échapper un peu de la rigueur d’un ouvrage historique et de laisser plus de place à mon imagination », confie-t-il. « J’ai été surpris de la complexité de la tâche : écrire un roman qui se déroule dans le passé, c’est comme peindre une toile déjà à moitié peinte. Mais j’ai trouvé cela très amusant de chercher comment imbriquer ma fiction dans une réalité existante. »
Dans ce roman historique, on suit François Bontemps, un escroc liégeois contraint par les autorités impériales d’accepter une mission d’espionnage. L’intrigue le mène des tavernes enfumées de Liège aux ponts des vaisseaux de guerre, de Cadix aux Antilles, jusqu’à la bataille de Trafalgar, au cœur des guerres napoléoniennes. « J’ai toujours eu un attrait pour les antihéros et je souhaitais que mon personnage principal ne soit pas trop lisse, trop vertueux », explique celui qui a pris beaucoup de plaisir à imaginer ce récit où la grande histoire et la petite s’entremêlent, au point d’envisager une suite si le succès est au rendez-vous. « L’histoire est un formidable terrain de jeu. »
Ce sont les éditions Academia qui ont publié ce réjouissant roman. « Je leur ai envoyé le manuscrit sans l’avoir fait lire à personne, mais j’ai apprécié leur accompagnement et leurs suggestions », reconnaît Bernard avant de souligner les différences entre l’écriture d’un roman et celle d’un ouvrage historique. « Dans le travail d’historien, on part toujours de la source, même si elle est lacunaire. Pour la fiction, c’est l’imagination qui prédomine et se pose la question de l’intérêt que le lecteur va trouver au récit et à ses péripéties. »
Avec Le lâche de Trafalgar, Bernard Wilkin entraîne ses lecteurs dans une aventure mouvementée, des rues de Liège aux océans, sur fond de guerres napoléoniennes. Un premier roman dans lequel son goût pour l’histoire et son plaisir de raconter trouvent à s’exprimer pleinement.
Thiebaut Colot
Plus d’infos : LE LÂCHE DE TRAFALGAR, Bernard Wilkin – livre, ebook, epub – idée lecture , Accueil – lisezvouslebelge