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« Si on vit intensément, la vie devient une œuvre d’art »

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Fabienne Zutterman rencontrera ses lecteurs le 14 septembre au Théâtre Le Moderne.

Il n’y a pas d’âge pour se lancer en littérature, comme le prouve Fabienne Zutterman avec un premier roman très réussi : L’Afrique pour se perdre« Cela faisait des années que cette histoire mûrissait en moi », nous confie cette Liégeoise dont vous pouvez retrouver ici la grande interview qu’elle a accordée à #Liégeois. Un récit poignant publié aux Editions Empaj et disponible dans de nombreuses librairies comme Pax, Toutes Directions, Livres aux Trésors, Wattitude, La Parenthèse, Entre-Temps (ASBL Barricade en Pierreuse), Accolade (Rue St Léonard) ou encore à la commande.

« Depuis l’enfance, j’avais le projet d’écrire ce livre inspiré de trois années de ma vie », m’assure-t-elle. « J’avais le sentiment d’avoir vécu quelque chose d’unique et je souhaitais écrire là-dessus mais c’était très dense et cela m’a pris près de neuf ans pour arriver au bout du processus. »

Le résultat est à la hauteur du temps consacré tant ce premier essai est un coup de maître. « J’ai toujours été attirée par tout ce qui est artistique et j’écris des poèmes depuis mes dix ans », continue cette Liégeoise pour qui « L’Afrique pour se perdre » est un condensé d’émotions. « Lorsque j’ai eu achevé ce livre, j’ai éclaté en sanglots. C’était l’accomplissement d’un rêve. »

L’histoire ? « Les années 1970, une époque où notre pays pense avoir encore beaucoup à apprendre au peuple congolais et, derrière la tête, cette volonté farouche de poursuivre l’exploitation de ses fabuleuses richesses minières avec la complicité d’un président fantoche. Une époque où l’État congolais embauche beaucoup de professeurs de tous horizons. Au pouvoir depuis 1965, Mobutu veut éduquer son peuple dans l’idée de mieux se passer ensuite de la Belgique », indique le communiqué de presse. « Une famille belge. Trois enfants, leur mère seule et son irrépressible besoin de fuir. Loin, vers le soleil. Là où les chants des mots éclaboussent de couleurs vives les idées noires. Contrainte par son mari à une troisième maternité dans l’espoir de sauver leur couple, Milou vient de rompre les amarres avec sa vie d’épouse. Un diplôme de psychologue en poche, l’idée d’enseigner lui sourit. Mais se perdre seule avec ses enfants en Afrique, là où leur père américain ne les retrouvera jamais, quelle aubaine ! Alix a 12 ans lors du grand départ, le 14 août 1970. John, l’homme de la famille, a 9 ans mais en paraît 13 et Liz a presque 6 ans. C’est la cadette qui nous prend par la main. Celle qui n’aurait pas été du voyage si Milou avait réussi à avorter. Bien sûr, Liz n’en sait rien, mais les silences de sa mère ont en elle un écho particulier qu’elle cherche à comprendre. Elle nous entraîne dans sa vie de petite Congolaise de cœur. Au-delà des émotions familiales, vibrent celles d’une nation toute jeune, grisée de son indépendance depuis seulement 10 ans, nourrie d’espoirs et à la recherche de ses racines, de son authenticité. Ce n’est pas un hasard si Liz se jette à cœur perdu dans ses bras. On perçoit la symbiose entre la petite fille et la nation congolaise, une fusion d’âmes en espérance. Nous vivons un voyage en Afrique mais aussi un voyage au pays de la sensibilité d’un enfant. Une histoire où tout est contraste dans les regards. Celui de Milou centré sur sa vie personnelle embrase tout autant l’amour que la peur ou le dégoût dans celui de Liz. Et l’œil de la petite devient plus conscient, plus intense. Il s’affûte et zoome à sa guise sur la vie de sa maman. Son amour pour elle sera le fil conducteur qui supplantera les manques et l’incompréhension. »

Vu le succès rencontré par ce premier roman, le futur s’annonce radieux pour Fabienne qui a déjà écrit une suite mais ne l’a pas encore soumise à son éditrice. « Et un troisième roman est en route », m’annonce-t-elle. « Je suis passionnée par la vie des gens. Si on vit intensément, la vie devient une œuvre d’art et l’écriture permet de sublimer le vécu. »

Ce 14 septembre à 19h30, Fabienne Zutterman sera au Théâtre Le Moderne pour rencontrer ses lecteurs et les curieux et échanger avec eux sur l’Afrique, la petite Liz, la littérature, la vie.

Thiebaut Colot

Crédit photo : Théâtre Le Moderne

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