En prélude à l’EP Sorry for the mute crumbs dont la sortie est prévue pour le mois de mai, Condore sort ce 25 février un nouveau single bouleversant et intime : DISORDER.
Active sur la scène belge depuis 2010, Leticia Collet s’est imposée comme une musicienne essentielle du paysage liégeois. Autrice-compositrice-interprète, pianiste et chanteuse, elle a d’abord marqué les esprits au sein de formations telles que Dan San, Noa Moon ou Antoine Wielemans. Mais c’est avec son projet solo, Condore, lancé en 2017, qu’elle déploie pleinement l’étendue de son univers.
Condore est une traversée intime, un territoire suspendu entre ombre et lumière. La musique y est cinématographique, introspective, parfois hantée, toujours habitée. Portée par une voix fragile et envoûtante, démultipliée en harmonies flottantes, elle convoque des atmosphères qui évoquent Patrick Watson, Agnès Obel ou Aurora. Piano éthéré, arrangements organiques, mélodies suspendues : la douceur apparente laisse pourtant affleurer un théâtre intérieur plus trouble, peuplé de fantômes d’enfance, de fêlures invisibles et d’élans brûlants. Entre berceuse et cri sourd, Condore ouvre un dialogue discret avec celles et ceux qui acceptent d’écouter ce qui se glisse entre les silences.
Après l’EP Jaws en 2019, puis l’album Winding Whispers en 2022 — salué par la critique —, le projet n’a cessé de prendre de l’ampleur. Sur scène, Condore se décline en formats multiples : en solo, en trio, en quatuor ou même entouré de l’ensemble vocal Friday Fridas. Des prestations remarquées dans des lieux emblématiques comme le Cirque Royal, l’Ancienne Belgique, le Théâtre de Liège ou le Botanique, mais aussi en France, en Suisse et en Tunisie, où son univers suspend le temps et capte l’attention avec une intensité rare.
Aujourd’hui, Condore dévoile un nouveau single, DISORDER, prélude à l’EP Sorry for the mute crumbs attendu en mai. Ce titre marque une étape déterminante dans le parcours artistique et intime de Leticia Collet. Né d’une expérience profondément personnelle, DISORDER puise dans plus de vingt ans de lutte contre l’anorexie. Hospitalisée à un moment charnière, l’artiste consigne pensées, peurs, effondrements et éclaircies. Le morceau en est le témoignage brut, sans filtre. Il ne s’agit pas d’un simple constat, mais d’une mise à nu, d’une main tendue vers une maladie encore trop silencieuse. L’intime devient matière sonore, fragile et nécessaire.
Avec Sorry for the mute crumbs, Condore clôt un cycle entamé avec Winding Whispers tout en ouvrant une nouvelle page. Les compositions gagnent en maturité et en épure. Le piano et les harmonies vocales demeurent centraux, mais les arrangements se font plus sobres, laissant respirer l’essentiel. Harpe et flûte traversière viennent enrichir la palette sonore d’une texture délicate et organique. Les textes abordent frontalement des territoires émotionnels souvent tus — dépression, troubles alimentaires, pensées suicidaires — avec une douceur désarmante. Chaque chanson devient un refuge, beau et parfois inconfortable, mais profondément sincère.
À travers ce nouveau chapitre, Leticia Collet confirme que Condore n’est pas seulement un projet musical : c’est un espace de vérité, une traversée sensible où la fragilité devient force et où la musique esquisse, pour l’artiste comme pour son public, une possible libération.
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LM
Crédit photo : Jérôme Magnée