À seulement 21 ans, Ayman trace sa voie dans le paysage musical belge avec Namay, un projet intime et ambitieux, entre introspection, influences médiévales et quête personnelle. Entre rap et récit initiatique, le jeune artiste livre une œuvre sincère, façonnée par ses émotions et son parcours.
La musique a toujours occupé une place centrale dans la vie d’Ayman. Très tôt, elle s’impose comme une évidence pour ce passionné, nourri par les sons qui accompagnaient ses trajets en voiture. « Mon papa en écoutait beaucoup dans la voiture : du Mickael Jackson, le R’n’B des années 2000 », se souvient cet étudiant en psychologie à l’ULB. C’est presque naturellement qu’il se tourne ensuite vers le rap, influencé notamment par son meilleur ami, déjà actif dans la production. « L’écriture m’a été conseillée par ma maman, afin de pouvoir extérioriser mes émotions. »
Pour le jeune artiste, aujourd’hui âgé de 21 ans, la musique devient rapidement bien plus qu’un simple loisir. Elle s’impose comme un véritable exutoire, un espace où déposer ses pensées et ses ressentis. « Ce que j’apprécie le plus, c’est la transmission d’émotions, les auditeurs peuvent ainsi se les approprier », confie Ayman, engagé dans une démarche profondément introspective. « Grâce à la musique, on peut se dévoiler et dévoiler des choses qu’il est plus difficile d’exprimer dans la “vraie” vie. C’est pourquoi je parle de ma vie et de ce qui m’entoure. Après plusieurs événements, j’ai eu besoin d’écrire pour extérioriser mes sentiments. »

De cette nécessité est né Namay, un projet construit comme un récit en deux temps. Une première partie, Livre I : L’Errance, sortie le 5 décembre dernier, explore les zones d’ombre du deuil relationnel. « Les titres racontent les versants sombres du deuil relationnel », résume-t-il. La seconde, Livre II : L’Aube, dévoilée le 13 mars, s’inscrit dans une dynamique plus lumineuse, tournée vers la reconstruction et l’apaisement. « C’est comme une histoire, avec une évolution qui retrace les différentes étapes du deuil relationnel en chansons, de manière implicite ou explicite », détaille ce jeune Bruxellois désormais installé à Braine-le-Comte.
Au-delà du propos, Namay se distingue également par son univers esthétique singulier. Ayman y mêle ses influences musicales à d’autres passions plus inattendues. « J’ai toujours été passionné par la période médiévale et la fantasy et j’ai utilisé ça comme décor pour Namay, avec l’idée d’un chevalier qui quitte son château pour tendre vers une nouvelle quête », explique-t-il. « Il y a vraiment tout ce qui m’inspire dans ce double EP. » Une approche artistique assumée, presque identitaire : « Finalement, ma musique, c’est moi et comment je me perçois. »
Derrière ce projet, un travail de longue haleine. Perfectionniste, Ayman prend le temps de peaufiner chaque détail. « Cela m’a pris beaucoup de temps – deux ans pour dix titres – car j’essaie que tout soit parfait », reconnaît-il. L’inspiration, elle, surgit souvent au détour du quotidien, notamment lors de ses trajets en train, casque sur les oreilles. « Je suis hyper content des excellents retours reçus pour le Livre I, cela a pris une certaine ampleur à Braine-le-Comte avec aussi quelques apparitions en radio et à la télé… J’ai forcément du coup un peu plus d’attentes pour le Livre II même si je ne suis pas dans la course aux stats. Je fais ça avant tout pour le plaisir et je veux continuer à kiffer comme ça. »
Porté par cet élan, le jeune artiste regarde désormais vers la scène, avec l’envie de donner une nouvelle dimension à sa musique. « Ensuite, j’aimerais pouvoir performer en live, sur scène. C’est un énorme objectif et un grand rêve. »
À travers Namay, Ayman signe bien plus qu’un projet musical : une œuvre personnelle, sincère et cohérente, qui témoigne d’une réelle maturité artistique. Entre introspection et imaginaire, il pose les bases d’un univers qui ne demande désormais qu’à se déployer, notamment sur scène, là où ses émotions pourront pleinement prendre vie.
Ecouter les morceaux : NAMAY (Livre II, l’Aube) – YouTube ,
Thiebaut Colot
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