L’hôpital de la Citadelle franchit le cap des 5.000 interventions réalisées avec son robot chirurgical.
Introduite à Liège en 2009, la chirurgie robot-assistée s’est progressivement imposée comme un outil central dans certaines pratiques opératoires de haute précision. L’Hôpital de la Citadelle vient d’ailleurs de franchir un cap symbolique : plus de 5.000 interventions ont désormais été réalisées à l’aide de son robot chirurgical. Un jalon qui témoigne de quinze années d’expérience et d’une montée en puissance progressive de cette technologie au sein de l’établissement liégeois.
À ses débuts, l’outil était principalement utilisé en urologie. Au fil des années, son champ d’application s’est élargi pour accompagner d’autres disciplines, notamment la gynécologie et la chirurgie abdominale, et plus ponctuellement la chirurgie thoracique. Dans certains cas, il a également été mobilisé pour des interventions pédiatriques en urologie, une pratique encore relativement rare en Belgique.

« Entre 2009 et 2025, l’activité robotique a connu une progression continue, passant de 152 interventions annuelles à 519 », explique Alexis Vanwambeke, gestionnaire des quartiers opératoires. « Historiquement très développée en urologie, elle s’est aussi étendue à la gynécologie, à la chirurgie abdominale et, plus ponctuellement, à la chirurgie thoracique. Le robot a également servi – et c’est plus rare en Belgique – à des interventions pédiatriques en urologie. »
Pour les équipes chirurgicales, cette évolution s’inscrit dans une transformation plus large des pratiques opératoires, marquée par l’essor de la chirurgie mini-invasive. Le robot permet en effet au chirurgien d’opérer depuis une console, avec une vision tridimensionnelle du champ opératoire et des instruments articulés capables de reproduire des gestes d’une très grande finesse.
Le Docteur Hubert Nicolas, président du Département de Chirurgie et l’un des pionniers du projet à la Citadelle, rappelle toutefois que cette technologie ne remplace pas l’expertise humaine : « Le robot n’est pas un effet de mode. C’est un outil supplémentaire, particulièrement utile dans certaines interventions complexes, lorsque l’on cherche à allier précision du geste, chirurgie mini-invasive et récupération optimale pour le patient. »
Pour les patients, les bénéfices sont bien identifiés : perte sanguine généralement plus faible, douleurs postopératoires réduites, récupération fonctionnelle plus rapide et durée d’hospitalisation souvent écourtée. Des avantages confirmés par plusieurs études internationales, notamment une analyse publiée en avril 2025 par le National Institute for Health and Care Excellence, qui souligne également que l’efficacité de ces dispositifs dépend fortement de l’expérience des équipes et du volume d’interventions réalisées.
C’est précisément sur cet aspect que l’hôpital liégeois entend capitaliser. « 15 ans de pratique, cela donne une organisation rodée, une capacité de formation en interne et une volonté de rester à la pointe dans un domaine en évolution constante », se réjouit le Dr Jean-Louis Pepin, directeur médical. « À l’heure où les nouvelles générations de plateformes robotiques intègrent davantage de données, de puissance de calcul et de fonctions d’assistance avancées, notre expertise nous confère un atout important. »
Avec un record annuel de 519 interventions réalisées en 2025 et une augmentation de 340 % du nombre de cas en quinze ans, la chirurgie robot-assistée s’est ainsi installée durablement dans le paysage médical liégeois, illustrant l’évolution constante des technologies au service de la pratique chirurgicale.
T. C.
Crédits photos : La Citadelle