Nourri de diverses influences, Nicou trace un chemin singulier dans le paysage musical belge. Après le succès de son premier EP Entropie, l’artiste bruxellois revient avec Sous les pavés, la plage, un nouveau projet qui mêle réflexions intimes et sociétales, qu’il défendra notamment sur la scène du Botanique.
« C’est devenu difficile de catégoriser les artistes tant ceux-ci se nourrissent souvent de nombreuses influences, ce qui est mon cas », commence Nicou. « J’ai une vraie influence rap : j’en ai beaucoup écouté et je mets l’emphase sur les textes. Par contre, mes instrus varient beaucoup, de la pop à l’électro en passant par le rock et la variété. Au final, ce que je produis est un peu un mélange de tout ça. »
C’est à l’adolescence que Nicou se tourne vers la musique. « Comme tous ceux qui écoutaient du rap, j’ai commencé à écrire vers 14 ou 15 ans. C’était pour le sport, pour la beauté du geste, pour trouver des rythmes techniques et développer un bon flow », se souvient-il. « Ensuite, au fur et à mesure de mon évolution personnelle et de ma construction artistique, j’ai eu envie de mettre de plus en plus de fond dans mes chansons. »
Véritable autodidacte, l’artiste expérimente beaucoup, aux côtés de son meilleur ami qui l’accompagne à la composition. « Nous n’avions pas de formation, nous devions “ruser” pour obtenir certaines sonorités », avoue-t-il. « Mes textes ont commencé à devenir plus forts et parfois les prod’ rap fonctionnaient moins bien. J’ai alors continué d’élargir mes influences et constaté que certaines associations marchaient bien. »

Il y a un peu plus d’un an, Nicou sortait Entropie, un EP qui a rapidement trouvé son public et attiré l’attention des médias ainsi que de nombreux acteurs de la scène musicale belge et francophone. « L’accueil de cet EP fut hyper bon et au-delà des attentes que nous projetions », savoure l’artiste, qui a vu les choses s’accélérer à la suite de cette sortie : premières parties d’artistes confirmés, premiers festivals – dont un passage aux Francofolies de Spa pour le Franc’Off – ainsi qu’une quinzaine de concerts, une résidence créative à La Rochelle et une rencontre avec Gandhi. « Nous voulions nous placer sur les radars, planter une petite graine et celle-ci a pris vite. C’est génial. J’en suis évidemment super content et cela donne encore plus envie de se donner à fond. »
Figure émergente de la scène rap alternative bruxelloise, Nicou mène en parallèle une carrière de chercheur dans le domaine de la transition énergétique à l’UCL. « Cela peut paraître le grand écart avec mes activités musicales mais cela m’offre la liberté de financer mes projets – même si j’espère pouvoir me consacrer totalement à la musique dans quelques années – et me permet de baigner dans un contexte qui me pousse à me poser des questions sur la société dans laquelle on vit et dans laquelle on veut vivre », explique-t-il. Le jeune homme de 27 ans souligne néanmoins que l’art n’a pas toujours vocation à délivrer un message. « Chaque artiste est vraiment libre d’aborder les thèmes qui lui sont chers… Moi, mon inspiration se met davantage en route quand je m’empare de sujets un peu plus sérieux. » Et d’ajouter : « J’ai différentes facettes avec des textes à la fois très intimes et sociétaux, qui traitent de sujets qui dépassent parfois allègrement nos frontières. Je suis d’ailleurs convaincu que c’est en créant un lien intime qu’on fait société et qu’on peut construire un monde meilleur. »
Nicou revient ce 17 avril avec un nouvel EP, Sous les pavés, la plage. « C’était un slogan de Mai 68. Cela signifie pour moi que sous la dureté, il y a quelque chose à aller chercher », explique l’artiste, qui dévoile à travers les sept titres de ce projet le fruit de ses réflexions. « J’ai écrit ces chansons en observant l’état du monde qui parfois me révolte, parfois me fait peur… L’art est aussi un moyen de diffuser des messages, d’écrire de nouveaux récits, de donner la parole aux autres et d’œuvrer au rassemblement. »
Ces nouvelles chansons, Nicou entend bien les défendre sur scène, dans une formule hybride mêlant différentes influences musicales. « La scène est arrivée sur le tard, j’avais un rapport très intime à l’écriture. Avec l’engouement autour d’Entropie, j’ai donné mes premiers concerts. Même si j’appréhendais au départ, j’ai rapidement pris confiance et du plaisir. C’est désormais un exercice qui me passionne autant que le moment de la maquette, lorsque jaillit l’étincelle », confie celui qui multiplie les rôles et les expériences.
Le 29 avril, Nicou se produira au Botanique. « Ce sera déjà un accomplissement car ce sera la première fois que nous donnerons un concert payant en notre nom, que nous rencontrerons exclusivement notre public », souligne celui qui poursuit sa progression en structurant davantage son équipe. « Nous participerons aussi à Esperanzah! et ça aussi c’est un aboutissement, nous en sommes très contents. » Et de conclure : « Il y a évidemment un enjeu avec le succès – relatif – rencontré avec Entropie de mettre la barre toujours plus haut, de s’ancrer encore davantage dans le paysage musical. »
Porté par des textes engagés, une sensibilité assumée et un univers musical nourri d’influences multiples, Sous les pavés, la plage confirme la volonté de Nicou de faire dialoguer émotion, réflexion et modernité. Un projet qui pourrait bien consolider la place de l’artiste parmi les nouvelles voix prometteuses de la scène belge.
Thiebaut Colot
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