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« La musique, c’est la première émotion, c’est presque électrique »

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Avec « Éternité », son nouvel album de huit titres, le pianiste et compositeur liégeois Grégoire Gerstmans nous invite à ralentir, à rêver et à savourer l’instant présent. Une œuvre délicate et profondément personnelle, où chaque note, chaque silence et chaque mélodie composent un univers poétique et envoûtant. Une parenthèse musicale apaisante dans un monde qui semble toujours courir après le temps.

C’est un poncif qui n’en est pourtant pas moins vrai : Grégoire Gerstmans est né dans la musique et y a baigné dès sa plus tendre enfance. « Mon grand-père a fondé l’Académie Julien Gerstmans à Hannut et tous ses petits-enfants y sont passés pour s’éveiller à la musique », se souvient celui dont le papa était membre de l’Orchestre Philharmonique de Liège et a joué pour des pointures comme William Sheller et Alain Bashung. « J’ai appris les percussions classiques à l’Académie tandis que mon grand-père m’apprenait le piano chez lui – il y en avait dans toutes les pièces. C’était un apprentissage un peu transversal. »

Très tôt attiré par le rock et le hip-hop, Grégoire se passionne surtout pour la musique elle-même et sa formidable capacité à susciter des émotions. « C’est la première émotion, un des trucs qui va le plus vite, qui transporte et procure des émotions. C’est instantané, le déclic se fait en une fraction de seconde », analyse-t-il. « C’est presque électrique et c’est fou que la musique puisse procurer autant de choses et comique que l’homme ait, depuis la nuit des temps, eu besoin de s’exprimer en musique. »

Touche-à-tout, aimant également la peinture, la vidéo et la photo, Grégoire a eu la chance de grandir dans une famille qui a toujours pleinement accepté ses choix. Lors d’un séjour aux États-Unis, à Saint-Louis, ce grand voyageur se rapproche du berceau du blues et se nourrit de décors cinématographiques. « Mais j’ai laissé tomber le blues car je ne me sentais pas légitime », confie-t-il.

Après avoir produit différents artistes et réalisé de nombreux clips, il renoue avec le piano et enregistre, en 2020, un premier morceau à l’OPRL. « Michael Grailet de L’Artisan du Piano à Visé m’a aidé à trouver le piano idéal : un vieux piano droit qui possède une véritable signature », poursuit Grégoire. « Je joue sans artifice, sans fioriture, au plus proche de ce que je ressens. Je laisse de l’espace entre les notes pour avoir le temps de rêver, j’essaie de mettre mes images en musique. »

Après un premier album sorti en 2024, cet artiste passionné revient avec un nouveau projet de huit titres : « Éternité ». « Le temps est quelque chose qui m’obsède : on le vole, on le traque, on le surconsomme », plaide-t-il. « J’avais envie d’imprégner cet album du temps, d’accepter les imperfections, que tout est impermanent, que les erreurs font partie du temps, de démontrer que l’éternité c’est le moment présent, qu’elle est éternelle et se renouvelle. » Et d’ajouter : « J’aime bien les albums, leur construction, écrire une histoire qui se développe au fil des morceaux. Je fais tout moi-même et ne laisse rien au hasard. »

Le résultat est une véritable réussite, avec huit morceaux poétiques et envoûtants qui invitent à ralentir et à savourer l’instant présent. Une philosophie que Grégoire cultive également au quotidien, lui qui n’hésite pas à interrompre une balade à vélo pour admirer un lever de soleil. « J’observe les couleurs orangées et bleutées qui explosent et ces images amènent de la mélodie », explique celui qui est désormais installé à Sprimont, mais conserve certaines habitudes liégeoises, comme celle de dévorer un sandwich coupé main de chez André. « Je suis fier de venir de quelque part et enthousiaste à l’idée de continuer à découvrir le monde entier. »

Avec « Éternité », Grégoire Gerstmans transforme ses émotions, ses voyages et ses contemplations en une musique d’une grande délicatesse. Son piano nous offre le luxe de ralentir, de laisser vagabonder notre imagination et de retrouver le plaisir des choses simples. Une invitation à écouter autrement, à accueillir les silences et à prendre conscience de la beauté fugace de chaque instant. Car, finalement, l’éternité se cache peut-être dans ces quelques secondes que l’on prend le temps de savourer.

Thiebaut Colot

Grégoire Gerstmans se produira le 28/11 au Festival du piano à Visé :  Festival de Visé | L’Artisan du Piano

Plus d’infos sur Grégoire Gerstmans : ACCEUIL | Official

Crédits photos : DR

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