Face aux bouleversements provoqués par un cancer du sein, certaines femmes choisissent aujourd’hui une voie différente pour se réapproprier leur corps. Avec Sein’biose, un projet né en Wallonie, le tatouage artistique devient un acte de résilience, une manière sensible et puissante d’écrire une nouvelle page de son histoire.
Vivre un cancer du sein est souvent décrit comme un séisme. Au-delà du combat médical, la maladie bouleverse l’identité, le rapport au corps et la perception de soi. Après une mastectomie, la question de la reconstruction se pose rapidement. La chirurgie reste une option fréquente, mais elle n’est pas la seule.
C’est précisément dans cet espace de réflexion qu’est né le projet Sein’biose. Son ambition : proposer une alternative sensible à la reconstruction chirurgicale, en offrant aux femmes la possibilité de transformer leurs cicatrices en œuvres artistiques porteuses de sens.
« Une marque indélébile pour donner du sens, pour réécrire l’histoire, son histoire dans sa chair, une marque pour sublimer ce fracas de la vie. Une métamorphose du corps et de l’esprit. »
Une reconstruction symbolique et artistique
Le principe de Sein’biose repose sur une idée forte : permettre aux femmes de se réapproprier leur corps autrement, à travers un tatouage artistique réalisé par des tatoueuses engagées dans le projet.
Loin d’un simple geste esthétique, la démarche se veut profondément humaine et thérapeutique. Chaque tatouage est pensé comme une création unique, imaginée en collaboration entre la participante et l’artiste.
« Une renaissance, un geste fort pour ne plus avoir honte, retrouver de l’estime de soi et REvivre. »
En 2025, six femmes venues de Wallonie et de Bruxelles ont déjà bénéficié de cette expérience grâce à la participation de six tatoueuses. Une première édition riche en émotions qui a confirmé la puissance de ce projet.
Un parcours en plusieurs étapes
En 2026, Sein’biose se déploiera entre Liège – à la Petite Maison de l’hôpital de la Citadelle – et Marche-en-Famenne, à travers un parcours structuré en plusieurs étapes.
Tout commence avec Tat’âme, un moment de rencontres et d’échanges où les participantes prennent part à des activités bien-être et à un atelier d’écriture. Cette première phase permet d’explorer leur histoire personnelle et de faire émerger l’idée d’un tatouage qui leur ressemble.
Vient ensuite la journée « J’ose ma vie ! », dédiée aux témoignages, aux échanges et à des ateliers pratiques, notamment autour du relooking et des façons d’habiter son corps lorsque l’on choisit de vivre sans reconstruction ni prothèse.
Enfin, la troisième étape constitue l’aboutissement du parcours : la journée tatouage, moment intense et symbolique où le projet imaginé devient réalité.
Un cycle facultatif d’ateliers d’écriture, baptisé Ren’Être, accompagne également les participantes durant plusieurs mois afin de renforcer la confiance en soi et favoriser l’expression personnelle.
Une expérience humaine et collective
Au cœur du projet, l’expérience repose sur une relation de confiance entre la tatoueuse et la femme qui choisit de transformer sa cicatrice en œuvre d’art.
« Le binôme d’une vie, offrir son art c’est donner la chance à son binôme de se réapproprier son corps autrement, retrouver son estime de soi. Un geste, un tatouage, deux vies transformées. »
Les témoignages recueillis auprès des participantes évoquent souvent une aventure humaine intense, faite de partage et de sororité.
« Une belle expérience authentique, humaine, profonde, de sororité. »
Pour certaines, ce processus représente une étape décisive dans le chemin de résilience.
« Le projet Sein’biose fait du bien à l’âme et marque, sur le corps meurtri, la force de chaque femme. »
Transformer la cicatrice en symbole
Plus qu’un projet artistique, Sein’biose propose une nouvelle manière de penser la reconstruction après un cancer du sein. Une approche qui replace la femme au centre de son histoire, dans une démarche où le corps devient support de transformation et de sens.
Chaque tatouage devient alors bien plus qu’un dessin : un symbole de courage, de liberté et de renaissance.
Dans un monde où les cicatrices sont souvent perçues comme des marques à dissimuler, Sein’biose invite au contraire à les regarder autrement. Comme la preuve d’un combat, d’une force retrouvée et d’une vie qui continue de s’écrire.
Plus d’informations : SEIN’BIOSE – Ateliers de Relooking et Tatouages , Le parcours d’accompagnement Sein’Biose proposé à La Petite Maison | Citadelle
LM
Crédit visuel : DR