Entre racines liégeoises et horizons lointains, Igdo trace un parcours artistique singulier. Inspiré par ses voyages, son histoire personnelle et la scène urbaine locale, le rappeur vient de boucler une trilogie musicale ambitieuse qui marque une étape importante dans son évolution.
Avec des origines calabraises et polonaises et un goût prononcé pour le voyage qui l’a emmené en Australie, en Asie, en Amérique centrale et du Sud ainsi que dans plusieurs pays européens, Igdo est à la fois un citoyen du monde et un véritable Liégeois. « C’est la ville où je suis né, où j’ai grandi et fait mes classes », assure celui qui aime aller manger une pizza chez Da Pierro ou savourer un boulet aux Terrasses, avant de se promener dans son quartier d’Outremeuse ou le long des quais de Meuse lorsque le soleil est au rendez-vous. « C’est aussi à Liège que j’ai appris à faire de la musique. C’est une ville qui m’inspire, avec de fortes influences hip-hop et électroniques. »

Diplômé en éducation physique — « le sport m’aide beaucoup à me discipliner », reconnaît-il — et animateur dans une maison de jeunes à Flémalle, Igdo transmet aujourd’hui sa passion musicale aux plus jeunes. Un engagement qui prolonge une histoire personnelle déjà fortement marquée par la musique, lui qui a grandi dans une famille où résonnaient rock et variété française. « Je rêve évidemment de vivre pleinement de ma passion et de me produire à Dour Festival », confie-t-il avec un sourire.
C’est à l’adolescence que le jeune Liégeois se découvre un goût pour l’écriture et le rythme, notamment à travers le graffiti et le freestyle. Il se plonge alors dans l’univers du rap et multiplie les expériences au sein de différents collectifs. Puis vient une période d’éloignement : Igdo s’écarte de la scène comme il s’éloigne de la Cité ardente, parcourant plusieurs continents.
De retour en Belgique en pleine pandémie, il retrouve pourtant l’élan créatif qui l’avait animé plus jeune. Un retour nourri aussi par des épreuves personnelles, notamment la maladie de sa mama. « C’était ma plus grande fan et je crois qu’elle serait fière de moi aujourd’hui », confie-t-il avec émotion. « La musique m’a donné la force de continuer, d’affronter les épreuves. Elle m’a aidé à faire preuve de résilience. »

De cette renaissance artistique naît un projet ambitieux : une trilogie intitulée La route d’Igdo. « J’ai opté pour ce concept car une carrière artistique est comme un chemin, comme une route qu’on emprunte et qui peut être jalonnée d’accidents, de détours ou de rencontres inattendues », explique l’artiste qui mêle différents styles et inspirations. « Je tenais à développer un projet qui refuse les étiquettes. Je n’aime pas être rangé dans une case. »
En trois ans, Igdo publie ainsi trois EP : Route du destin, Route des saveurs et Route des étoiles, ce dernier dévoilé le 17 avril.
« Je n’avais pas trop d’attentes au début », reconnaît-il. Pourtant, le public, les critiques et les médias accueillent rapidement ses productions avec enthousiasme. Les opportunités se multiplient alors : concerts dans des salles comme Reflektor ou la Caserne Fonck, mais aussi une prestation marquante à Sclessin, devant plus de 20 000 spectateurs, juste avant un match du Standard de Liège. « En tant que supporter, c’était juste incroyable. »
L’artiste est également sélectionné pour participer au concours Playground organisé par la RTBF. « C’était une belle expérience et un véritable ascenseur émotionnel », raconte-t-il. « Même si l’aventure s’est terminée rapidement, j’y ai fait de super rencontres et beaucoup appris. »
Avec Route des étoiles, Igdo boucle aujourd’hui sa trilogie. Plus électro et plus aérien que les précédents volets, ce projet mêle rap, chant et influences drum’n’bass dans un univers contrasté où introspection et énergie se rencontrent. « C’est la fin de la trilogie, la fin d’un chapitre et aussi la transition vers un univers plus travaillé et affûté », précise celui qui souhaite désormais continuer à évoluer en studio mais aussi se produire dans des festivals. « C’est aussi ça qui m’a donné envie de faire de la musique. »
Entre introspection personnelle et énergie créative, Igdo poursuit son chemin artistique avec sincérité et ambition. Après avoir bouclé le premier grand chapitre de son parcours avec cette trilogie, l’artiste liégeois regarde déjà vers la suite — avec l’envie intacte de partager sa musique sur scène et de continuer à tracer sa propre route.
Thiebaut Colot
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Crédits photos : Kahori