Cet été, la NEW SPACE invite le public à découvrir #GROINLAND, une exposition collective réunissant François Curlet, Michael Dans, Antonio Ortega et Michaela Sanson-Braun. À travers des œuvres où l’humour, le langage et la réflexion politique se croisent, les quatre artistes proposent un parcours qui questionne notre rapport aux signes, au pouvoir et aux représentations.
Du 4 juillet au 8 août, puis du 3 au 19 septembre, la galerie liégeoise NEW SPACE accueille #GROINLAND, une exposition collective qui rassemble les univers de François Curlet, Michael Dans, Antonio Ortega et Michaela Sanson-Braun. Imaginée à partir d’un titre proposé par François Curlet, cette exposition explore les multiples glissements du langage, les jeux de pouvoir et les mécanismes de représentation à travers des approches artistiques aussi singulières que complémentaires.

À la fois ludique, irrévérencieux et volontairement décalé, #GROINLAND invite les visiteurs à évoluer dans un espace où les certitudes vacillent et où les interprétations restent ouvertes. Le titre lui-même joue sur plusieurs niveaux de lecture. En français, le mot « groin » évoque le museau du cochon, mais aussi un son brut, instinctif, antérieur au langage. En anglais, il renvoie à l’aine et introduit une dimension plus corporelle. Le hashtag, quant à lui, agit comme un filtre, suggérant ce qui ne peut être totalement montré ou exprimé. Enfin, la proximité avec le nom Groenland (Greenland) ouvre une réflexion sur le territoire, l’identité et les enjeux géopolitiques contemporains.
Au fil de l’exposition, chaque artiste développe son propre regard sur ces thématiques communes. François Curlet s’attache à détourner les objets du quotidien et les signes qui nous entourent afin d’en révéler de nouveaux sens. « Je récupère et attrape des signes matériels, sonores ou écrits, pour les accélérer ou les ralentir, les faire danser ou chanter des fables, et les proposer comme des animaux domestiques – sans obligation de leur fournir des croquettes une fois adoptés. »
Michael Dans travaille quant à lui sur la réduction des formes et le déplacement des significations, faisant cohabiter humour et inconfort dans des œuvres où chaque geste semble minutieusement pesé.
Antonio Ortega interroge les structures sociales et politiques avec une grande précision. Pour cette exposition, il présente une série de petites peintures de galets isolés, réalisées avec un réalisme particulièrement minutieux, invitant le regard à s’attarder sur des objets d’apparence anodine.
Enfin, Michaela Sanson-Braun s’intéresse aux questions d’émancipation et de pouvoir en puisant dans l’univers domestique. En reprenant les codes familiers des intérieurs bourgeois, elle en détourne subtilement les promesses d’ordre et de stabilité.
À travers cette exposition, la NEW SPACE propose un parcours où humour, absurdité, poésie et réflexion critique dialoguent en permanence. Plus qu’un simple thème, #GROINLAND devient un territoire imaginaire où les œuvres interrogent les rapports entre corps, désir, langage et pouvoir, laissant à chacun la liberté de construire son propre cheminement.
Plus d’infos : Space Collection – Le site de la collection
LM
Crédits photos : MilDo, 2016 © François Curlet et Philippe Cam et Porno painting VIII, 2025 © Michaela Sanson-Braun