Parmi les artistes belges qui renouvellent le blues rock avec personnalité, Thomas Frank Hopper poursuit un parcours en pleine ascension. Il évoque pour #Liégeois / Liégeois Magazine son dernier album, sa passion de la scène et les valeurs de liberté et d’authenticité qui nourrissent son univers musical.
Thomas Frank Hopper fait partie de cette « génération crossover », aux influences multiples. « J’écoutais du néo-métal, du punk, du rock tandis que mon papa m’a fait découvrir Supertramp, Led Zeppelin et d’autres groupes mythiques », se souvient l’artiste belge originaire de Bruges. « Mais je suis vraiment entré dans la musique avec Nirvana. »
C’est pourtant sur le tard, à l’âge de trente ans, que Thomas découvre le blues. « Je suis tombé amoureux du blues rock et cela a orienté mes créations », confie celui qui est à la tête de son projet depuis huit ou neuf ans. « Ce qui me passionne avant tout, c’est l’aventure humaine : être avec mes musiciens, partager des émotions avec le public. C’est vraiment l’humain qui est au cœur de ce métier. »

Sans surprise, c’est la scène qui occupe une place privilégiée dans son parcours. « C’est ce qui m’anime, c’est là que la magie prend toute sa place », sourit celui qui a d’ailleurs fait sienne une maxime de Ringo Starr : « You’ve got to get in a van if you want to make it in this business. »
« C’est super de faire des kilomètres pour aller jouer à gauche, à droite, rencontrer le public », poursuit Thomas. « J’aime les petites scènes et les grandes scènes, qui ont leurs particularités et leurs différences. Avec les petites scènes, ce qui est chouette, c’est la proximité, les discussions avec le public après le set. Pour les grosses scènes et les festivals, c’est plutôt comme un gros shoot d’adrénaline. »
Ce samedi à Spa, c’est justement une belle dose d’adrénaline qui attend Thomas et ses musiciens. Ils se produiront sur la scène Pierre Rapsat de la Place Royale, en ouverture du concert de Sting, dans le cadre des Francofolies. « C’est une chance d’ouvrir pour une légende comme Sting, je n’ai pas fait la fine bouche. En outre, j’aime beaucoup ce festival, son ambiance, son public, son atmosphère familiale », confie celui qui avait déjà vécu une première expérience réussie au Francofou il y a quelques années. « Nous avons un set qui peut faire deux heures, nous avons donc épuré notre répertoire pour être efficaces sur un concert de 45 minutes. »
Thomas et ses musiciens sont d’ailleurs de plus en plus présents sur les scènes des festivals, en Belgique bien sûr, mais aussi en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. Une dynamique portée par un parcours remarqué : vainqueur du Belgian Blues Challenge, finaliste de l’European Blues Challenge et représentant de la Belgique jusqu’aux quarts de finale de l’International Blues Challenge à Memphis. En décembre dernier, Thomas a également sorti son nouvel album, Wild Ones Never Die, célébré lors d’une release party à guichets fermés au Botanique. « Je suis très satisfait de l’accueil réservé à ce dernier opus. J’ai reçu pas mal de retours positifs ainsi que des témoignages profonds, du soutien de différents médias et j’ai pu faire quelques belles dates, dont une au Reflektor à Liège, une salle que j’aime beaucoup », assure cet artiste aux influences éclectiques.
Sur cet album, Thomas a choisi de mêler des morceaux profondément ancrés dans le blues à d’autres qui s’orientent davantage vers l’indie rock. Une manière de repousser les frontières du genre en explorant des sonorités plus actuelles sans jamais renier son identité musicale. Dans Wild Ones Never Die, il évoque notamment la route et la liberté. « Nous aspirons tous à la liberté, même intérieure, à pouvoir nous extraire de ce monde consumériste pour retourner à l’essentiel : la relation à soi, aux autres, la nature et ce qu’elle a à dire », explique celui qui aime s’éclipser en pleine nature pour y puiser son inspiration. « L’art et la culture ont un rôle à jouer pour véhiculer des messages et des valeurs. C’est pour ça qu’il est important de les préserver. »
Thomas Frank Hopper trace ainsi sa route avec sincérité, fidèle à une vision de la musique où l’authenticité, le partage et la liberté occupent une place centrale. Un univers singulier qui lui permet de toucher un public toujours plus large, bien au-delà des frontières du blues.
Thiebaut Colot
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Crédits photos : Axel Tihon