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« La Deuxième Symphonie de Rachmaninov est un chef-d’œuvre »

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La Salle Philharmonique de Liège affichait une belle affluence ce jeudi 8 octobre pour un concert réunissant deux univers musicaux fascinants. Sous la direction de Lionel Bringuier, l’OPRL a offert au public une soirée remarquable, marquée par la découverte du Double Concerto Suite de Carlos Simon, compositeur en résidence, et une interprétation magistrale de la Symphonie n° 2 de Rachmaninov. Un programme ambitieux qui a pleinement tenu ses promesses.

La Salle Philharmonique de Liège connaissait une belle affluence ce jeudi 8 octobre pour une soirée doublement enthousiasmante : une première partie consacrée à une création de Carlos Simon et une seconde dédiée à la mythique Symphonie n° 2 de Serge Rachmaninov.

Carlos Simon est compositeur en résidence de l’OPRL pour cette saison 2026-2027. Originaire d’Atlanta, où il a grandi dans une famille marquée par plusieurs générations de prédicateurs, ce jeune quadragénaire développe un univers musical mêlant jazz, gospel et néo-romantisme. « La musique est ma chaire. C’est là que je prêche », a-t-il déclaré au Washington Post.

Compositeur en résidence au Kennedy Center et au Concertgebouw pour la saison 2026-2027, il occupe également la première chaire de compositeur de l’Orchestre symphonique de Boston. Son album Requiem for the Enslaved lui a valu une nomination aux Grammy Awards en 2023. « Simon refaçonne l’histoire musicale en nouveaux univers excitants avec un but musical indéniable, essentiel à notre époque », peut-on lire dans une critique du Los Angeles Times.

À Liège, le compositeur américain présentait sa Double Concerto Suite, une œuvre qui associe deux traditions : celle du concerto, dans lequel deux solistes dialoguent entre eux et avec l’orchestre, et celle de la suite de danses baroques. « Une appellation pour le moins inhabituelles, qui reflète cette rencontre entre passé et présent », souligne-t-on du côté de l’OPRL.

Avec cette œuvre novatrice, Carlos Simon souhaite que les musiciens puissent « s’exprimer à travers une grande variété de couleurs orchestrales et de style musicaux ». Le compositeur a également choisi de laisser libre cours à l’imagination du public. « Pour la première fois dans ma carrière de compositeurs, j’ai décidé d’écrire une oeuvre qui permette aux auditeurs de lui attribuer leur propre sens et leur propre compréhension. Il s’agit véritablement de musique pure, c’est à dire de musique pour elle-même. »

Un parti pris audacieux et particulièrement convaincant. Au fil des cinq mouvements, on se laisse transporter par cette musique aux influences multiples, alternant passages tendus, envolées rythmiques et moments de poésie. Le dialogue entre le violon et le violoncelle constitue l’un des grands attraits de cette partition, avec l’excellente et renommée Hilary Hahn et Seth Parker Woods, violoncelliste aussi élégant que virtuose, dont la joie communicative ajoute encore au plaisir de l’écoute.

La seconde partie de la soirée était consacrée à un véritable monument du répertoire classique : la Symphonie n° 2 de Rachmaninov. Composée en 1907 à Dresde et créée à Saint-Pétersbourg en 1908, cette œuvre du célèbre compositeur russe, naturalisé américain, est la seule de ses trois symphonies à être régulièrement interprétée. Elle n’avait pourtant plus résonné à Liège depuis de nombreuses années.

D’une durée d’environ une heure, cette partition monumentale représentait un formidable défi pour l’orchestre liégeois, brillamment relevé sous la direction de Lionel Bringuier. « La Deuxième Symphonie de Rachmaninov est un chef-d’œuvre », avait simplement annoncé le directeur musical de l’OPRL lors de la présentation de la saison.

La promesse fut largement tenue. Au contact de cette musique magnifique, généreuse et passionnée, le temps semblait s’effacer. Les minutes filaient, portées par une interprétation d’une remarquable intensité, capable de faire ressentir toute la richesse émotionnelle de l’œuvre.

L’orchestre, qui rassemble aujourd’hui des musiciens de seize nationalités et contribue ainsi au rayonnement de Liège, Ville créative de l’UNESCO dans la catégorie musique, et son excellent chef ont offert au public un véritable moment suspendu, une parenthèse enchantée loin du tumulte du dehors, de la violence d’une société de plus en plus polarisée. Du sublime solo de clarinette aux envolées orchestrales les plus enthousiasmantes, des passages d’une grande délicatesse aux séquences traversées d’une énergie bouillonnante, chaque mouvement révélait la beauté et la profondeur de cette partition exceptionnelle.

Cette soirée particulièrement réussie confirme une nouvelle fois l’excellence de l’OPRL et la pertinence d’une programmation qui fait dialoguer les grandes œuvres du répertoire et la création contemporaine. Le mois d’octobre réserve d’ailleurs encore de beaux rendez-vous aux mélomanes, avec notamment Glass, Bowie, Greenwood le 23 octobre et Momo, l’enfant pêche, destiné au jeune public, le 18 octobre, avant un mois de novembre particulièrement dense. Autant d’occasions de retrouver cette magnifique phalange liégeoise et de savourer la richesse de son univers musical.

Thiebaut Colot

Plus d’infos sur cette saison 2026-2027 : « L’OPRL est un ambassadeur de son territoire et de son pays » — #Liégeois

Infos et tickets : L’Orchestre Philharmonique Royal de Liège | OPRL

Crédits photo : DR

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