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« Mes héros deviennent autonomes et m’épatent par leurs réactions »

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Dans le cadre de la campagne « Lisez-vous le belge ? », #Liégeois / Liégeois Magazine présente Jacqueline Calembert, écrivaine liégeoise qui vient de sortir son quatrième roman intitulé La maison du frère.

Jacqueline Calembert a toujours beaucoup lu. « Rien que cette année, j’ai déjà lu pas moins de septante-cinq livres », annonce-t-elle d’un large sourire. Elle a également toujours apprécié écrire mais c’est en 2015 qu’elle décide de franchir le Rubicon et de publier Je récitais Molière« Mon premier roman, paru en 2015,  est parti d’un ras le bol de la sinistrose ambiante, de la violence aussi bien des propos que des gestes, des critiques, des corruptions en tout genre. J’ai voulu écrire une histoire rafraîchissante qui permettrait aux lecteurs de souffler, de prendre un bon bol d’air frais », dévoile-t-elle. « J’aime raconter des histoires et principalement celles de rencontres inattendues qui peuvent transformer une vie. »

Cette sympathique septuagénaire qui, avec son compagnon Alain a tenu une librairie à domicile pendant quinze ans et continue d’organiser des rencontres littéraires, puise son inspiration partout autour d’elle ainsi que dans son imaginaire. « J’aime écrire, allonger les mots. Ecrire est en moi », avoue-t-elle. Les nombreux retours positifs reçus à la suite de son premier ouvrage lui donnent l’envie de poursuivre dans cette voie et c’est ainsi qu’elle sort, en 2019, La nuit du manuscrit« C’est sans doute mon livre le plus intime », confesse-t-elle. « Plus jeune, mon papa a été arrêté car il faisait partie de la résistance. Il a passé deux ans dans un camp de concentration et, à son retour, a jeté ses souvenirs sur papier avant de reprendre sa carrière de professeur d’université. À la suite des attentats de Bruxelles, j’ai eu envie de donner vie à ce manuscrit, j’ai mixé deux histoires qui se recoupent et qui donnent à voir comment sortir de la haine, du malheur, pour transformer cela en quelque chose de positif. »

Son troisième roman, Matilda, paraît en 2021 avant un quatrième bouquin, La maison du frère, paru voici quelques semaines aux éditions Academia. « Il s’agit de la maison de mon frère, dans la Drôme provençale », précise-t-elle. « J’avais toujours eu envie de situer une intrigue dans ce lieu et de provoquer un face à face entre deux personnes différentes. »

Comme souvent quand elle se lance dans un récit, Jacqueline débute avec deux ou trois données – des personnages, une action – avant de se laisser porter par son imagination. « Je me surprends moi-même », sourit-elle. « Mes héros deviennent autonomes et m’épatent par leurs réactions. »

C’est avec enthousiasme, passion et humilité que Jacqueline évoque son parcours littéraire. « C’est une magnifique aventure qui me permet de faire de belles rencontres et me donne envie d’écrire de plus en plus. Je n’ai pas l’angoisse de la page blanche, je ne suis pas angoissée, je suis juste relax et contente », assure-t-elle. « Ecrire me fait du bien et c’est aussi un formidable moyen de transmettre des valeurs à mes enfants et petits-enfants. J’aime tout simplement écrire et si des personnes apprécient mes romans, alors c’est encore mieux. »

Très récemment, Jacqueline a remporté le Prix de la nouvelle 2023 de l’Association Royale des Ecrivains et Artistes de Wallonie/Bruxelles pour Demain. « J’apprécie ce format-là également et je travaille d’ailleurs à un recueil de nouvelles », dévoile-t-elle. « Celles-ci mettront en scène plusieurs personnages féminins – je suis une féministe modérée – qui vivront des moments décisifs ou anodins qui changeront leurs trajectoires de vie. » Un futur livre qui devrait, lui aussi, trouver son public.

Plus d’informations : Home (weebly.com)

Thiebaut Colot

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Crédit photo : DR

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